"On dirait c'est un humain", cliquez, écoutez:
lokai
Cris de joie d'enfants d'ici, cliquez, écoutez:
on lève la main
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on lève la main
L'univers est en expansion constante, et dans notre réalité, la vue s'arrête à l'horizon, le monde est
cadré, limité. L'écriture, simple bout de papier gribouillé, à première vue, est certainement plus q'un but, qu'un objectif.
C'est une vie parallèle, une autre réalité, une autre dimension à l'antipode de toutes les certitudes. Un peu de volonté, un peu d'effort, et nous sommes transportés, devenons autre chose, nous
voyons autrement qu'avec les yeux.
Nous rejoignons nos ancêtres, notre descendance s'agrippe à nos jupes, nous enlassons des étrangers, nous luttons contre nous mêmes. La matière plastique et fade d'un simple clavier devient
tout simplement vectrice d'une énergie indéfinie qui monte un mur tout autour de moi, comme une carapace et rien ne peut m'affecter, ni les sons ni la matière. M'empêcher d'écrire, c'est me
détruire à feu doux, me lier les poings, c'est brûler mes rêves, c'est faner ma vie. Le scandale, c'est que je n'écris pas pour être lue, je suis une égoiste, mais pas tant que ça, parce que
je lis les autres. J'écris pour fuir.
Tout ça pour ça.
Le temps fait des vagues, il ne se compte pas en saisons, il existe en mouvements. Des cycles
s'alternent, où je suis au creux de la vague, et j'ai du mal à faire surface, j'ai du mal à respirer, et ce creux me coupe du monde, sans que je puisse rien n'y faire. Les forces du temps
compressent la matière, c'est un phénomène presque fatal, contre lequel je ne peux rien.
Et parfois, à force de patience, j'ai cette impression de remonter à la surface, le temps relâche de sa pression, ce qui m'entoure est à l'écoute, je découvre les connexions, je crois les autres,
ils croient en moi, nous croyons en Dieu, en tout ce qui nous entoure, nos pensées créent la matière, en mots, en pierres, en gestes. Ces périodes où la vague me porte me paraissent si courtes et
si intenses, que je ne me soucis de rien d'autre que de ce qui peut être accompli. Et je crée. Des embryons naissent, leurs âmes m'envahissent, me fortifient.
Le temps me porte en vague, il me donne espoir mais trop souvent il me détruit. Le travail fourni n'a pas de reconnaissance, je me retourne sur ma vie pour retrouver mes sens, mais c'est sans
compter sur le creux de la vague, et mon pied se prend dans une de ces algues, longue, lisse, visqueuse. Alors j'attends que le temps fasse un mouvement, qu'il me libère enfin, pour que je puisse
ouvrir les yeux, sans craindre les brûlures du sel, et que tu me tendes la main, que tu me couves sous ton aile. Seulement parfois et trop souvent, lorsque l'algue se délie, elle me vole sans
raison l'embryon qui grandit.
I'm crossing uncertain times et le temps fait des vagues.
Viens goûter aux couleurs de nos vies, même si elles sont incertaines.
De la gouache au sucre, la vie, détourne parfois les peines.
Viens goûter aux couleurs de nos vies, même si elles te semblent vaines.
De la pulpe d'un simple fruit, palette de goûts s'enchaîne.
Les enfants jouent et crient dans l'eau, la mer nous éclabousse
les pieds dans le sel, le sucre dans la bouche
ne reste pas tout en haut.
viens goûter aux couleurs de nos vies, puisqu'elles t'appartiennent.
Le ciel après toi, Oli, 5 février 2010.
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