Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 02:51

Depuis quelques mois, les mondes des 5 continents ou le « tout-monde », observent les vagues de soulèvements populaires au Moyen-Orient et en Afrique Noire.

Ces peuples avaient chacun une Histoire, occultée par l’invasion des peuples occidentaux vers le sud, sud ouest de la planète, aux 18ème et 19ème siècles.

Ces peuples partagent une histoire, généralement âgée de deux siècles avec les anciennes Nations colonisatrices. Ces peuples ont « obtenu » leurs « indépendances » dans les années 1960s, périodes durant lesquelles ils ont du se réapproprier leur identité, dont l’histoire précoloniale s’assimilait presque à des légendes de guerriers et de peuples légendaires. Il ne restait rien qu’eux-mêmes, des langues qu’on qualifia de dialectes, des terres et des frontières qui furent et sont encore aujourd’hui, la source de conflits sanglants et barbares. Pourquoi la Mauritanie est-elle devenue Mauritanie, Pourquoi cette frontière qui la sépare du Sénégal est-elle demeurée, telle une cicatrice parmi tant d’autres sur la terre Afrique, visage de cicatrices-frontières, causes d’ethnocides humiliants- ces ethnocides comme pour crier à la face du monde : voilà ce qu’on en fait, de « votre mission civilisatrice ».

Ce qui se passe aujourd’hui est la honte de l’occident. C’est l’image absurde et nue de l’échec colonial, même plus : C’est la preuve que ces pays n’ont jamais été vraiment indépendants.

Je suis contre tout interventionnisme français dans ces anciennes colonies, dans ces pays libres : Justifié au nom de la bonne morale, pour aider à renverser « le dictateur » qu’on avait « pourtant soutenu », cet interventionnisme me rappelle beaucoup trop ce que Georges W Bush avait fait en Irak. Certes, les conditions sont différentes, mais de quel droit envoie-t-on nos troupes ? Quelle fierté la France peut-elle tirer de ces interventions ? Les propos de François Fillon ne sont-ils pas déplacés ? Et que penseraient les Français si demain, les Tunisiens soutenaient la mise en place d’un Omni-président indécrottable, puis, l’heure venue, enverraient leurs troupes pour bombarder sa résidence et le sortir de chez lui comme un rat qu’on chasse de son trou ?

Le manque de respect. C’est un problème culturel ?

Je me suis tue, perplexe, devant ces vagues de rebellions, comme des centaines de milliers d’individus, j’ai observé ces peuples vivre leurs révolutions. Et j’ai pensé que l’interventionnisme de l’ONU, comme celui de la France, aurait un retour de boomerang, parce que la terre tourne.

Il est temps de laisser les peuples grandir, à chaque peuple sa ou ses révolutions. La France, que j’affectionne tant, a vécu-vit les siennes, qu’elle respecte celles des autres. Si ces pays sont libres, de toute évidence, le vieux continent, lui, refuse de tourner la page. Ça c’est incompréhensible.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 01:41

Cet homme long de tronc, court sur jambes, au visage ovale, et au large front, est un ancêtre, probablement descendant lui même du Mayflower, dont les parents, grands parents et arrière grands parents ont contribué à la colonisation de l'Amérique du Nord, et à son indépendance.

William Richmond fut malheureux en amour, comme le fut sans doute aussi Mary Clark, épouse malgré elle, et qui à la naissance du 19ème siècle, abandonnait ses filles et son fils.

Un fils qui souffrait sans doute de la suspicion de bâtardise par son père, indice inconnu à notre histoire. Toujours est-il que Georges a fui lui aussi, qu'il a abandonné cette Amérique, ce New Hampshire, juste à côté d'un New York sauvage et semi industriel, où l'on disait aux immigrants que leurs sorts et que tous leurs rêves ne dépendaient qu'eux.

 

Georges Richmond a fui quelque chose, un monde de montagnes et de plaines, vaste et encore sauvage, un monde où le noir et le blanc ne se mélangeaient pas, pour un autre monde, îlien celui-ci. Un atoll, minuscule grain de beauté sur la peau de l’océan pacifique. Georges Richmond, nous l’apprenons sur son acte de décès, est mort sur un bateau qui revenait des Etats Unis ; il serait retourné là bas, sur sa terre natale, pour se faire soigner, mais à son retour la mort lui a fauché la vie, c’était son heure. Un écrivain inconnu signe comme témoin l’acte de décès. Je me demande si Georges a pensé à son père durant toute sa vie à Kaukura, à sa mère aussi. Est-ce qu’il s’est confié à sa femme. Rien ne transpire de son histoire, rien n’est venu à nous.

Georges Richmond est le père de nombreux enfants : parmi eux, Aroatua qui aurait eu une sœur jumelle, et Benjamin, ancêtre de Teina Mareura, et encore d’autres personnes peuvent prétendre être de sa descendance.

 

Il y a les Richmond de Kaukura et les Richmond de Papeete. Ces derniers descendent d’un Richmond plus aisé, qui serait le cousin de Georges. De cette branche sont issus les Pambrun, donc Jean-Marc Tera’ituatini, le plus adepte de la matière est son frère Jean-Loup qui a son propre blog généalogique.

 

Donc, Aroatua a été confiée, avec son petit frère, à un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfants : Les Maire. Alors qu’elle n’était encore que jeune fille, elle voit son frère mourir sous ses yeux d’une crise d’épilepsie ; ces parents adoptifs ne supportent pas le chagrin et enterrent leur fils dans la cuisine, pour qu’il reste avec eux. Le père d’Aroatua, Georges Richmond, en colère va pour reprendre sa fille, puis il est touché par leur douleur, il comprend, il la laisse.

 

Je ne sais pas comment mon arrière arrière grand-mère a rencontré Georges Poroi.

Georges Poroi, fils d’Alfred Poroi et de Orimai Teioatua Henry.

Poroi.jpg

Georges Poroi serait le deuxième en partant de la gauche.

 

Aroatua et Georges, vécurent tout deux à Tipaerui, ils ont donné naissance à Georges, Benjamin grand oncle tant aimé, Lucie.

  

Lucie n’a pas été très comblée en amour. Jeune, elle est tombée sous le charme d’un certain Alfonsi, dont je ne connais pas le prénom, mais dont le corps a été rapatrié en Corse. Nous avons un portrait peint de lui à la maison ; c’est un parfait inconnu qui, raconte-t-on chez nous, aimait sa fille, mais pas au point de la déclarer officiellement à la mairie. Donc Lucie a eu Léa Ida Hélène Poroi, avec M. Alfonsi, Corse.

 

Lucie a eu deux amours malheureuses. Elle est ensuite tombée sous le charme d’un Lehartel, mais là aussi, nous ne connaissons pas son prénom. De lui, elle a mis au monde deux fils, Christian et Octave qui travaille dans un restaurant connu de la place.

 

De Léa est née ma mère, dont le père Yves Hascoet était un infirmier breton, qui repose aujourd’hui au cimetière des pêcheurs avec sa seconde épouse, que j'adorais, Claire. Ma mère s’appelle Dorita Ida Teioatuatehoahoarai Hascoet. Elle a un frère, Hervé Hascoet, et une sœur Maite Hascoet qui a épousé un Butscher.

  

Léa Poroi-Hascoet n’est restée mariée qu’à peine deux ans ; elle n’aimait plus son Breton et sans doute que sa fille était trop blanche, toujours est-il qu’elle a confié ma mère, Dorita, à Aroatua Richmond-Poroi son arrière grand-mère, qui l’a élevée et a fait un travail remarquable, merci Seigneur.

  

En secondes noces, Léa Poroi a épousé Moni Teahu, homme affable que j’affectionnais beaucoup. Léa ne pouvant avoir d’enfants, a pris soin de faaamu une enfant bien brune, cette fois-ci, qui porte son prénom : Léa.

 

De ma mère sont nés trois enfants : D’un 1er mariage avec Joseph Galenon,

 

fils de Mme Coulon et du grand monsieur Galenon tant appréciés dans leur communauté de Tiarei à l’époque, sont nés mes deux frères Randall Tafaiatara et Serge Temahana.

 

A peine Serge savait-il marcher, que ma mère a épousé mon père, René Richard, fils de Lucien Richard et de Germaine Clayer, débarqué tout frais d’un contingent de légionnaires pour le CEP ; et me voici me voilà.

 

Et qui me prend dans ses bras à l’hôpital Jean-Prince à Pirae le jour de ma naissance ? Mon arrière arrière grand-mère, Aroatua Richmond-Poroi, encore bien vivante et en bonne santé, puisque de toute sa vie son alimentation ne consistait qu’à des fruits, uru, légumes, poisson, taro. J’ai été élevée avec mes deux frères utérins, nous sortons du même ventre, pour mon père, ce sont ses fils.

 

De son côté Joseph Galenon a eu trois autres enfants avec Georgina: Raimana, Teuira (dit Loulou, guitariste de Maruao) et Terauura.

 

De moi, est né Gabriel Tauatua René, dont le père se nomme Feri Vivi, né de Taurere VIVI et d’Alani Tave, originaires de Kauhei et d’Anaa. Le grand père (ou le père ?) de Taurere était un Chinois qui avait fui son pays, comme l’Américain Georges Richmond avait fui le sien. Sauf qu’à l’époque, les Chinois n’avaient droit à rien, et Kang Fu Li a décidé d’abandonner son nom de famille, de sacrifier son identité, pour s’assimiler entièrement au peuple de sa femme paumotu, du nom de VIVI.

 

Ainsi, ressurgissent les ancêtres dans le cœur des enfants pleins de gratitude, des enfants qui veulent fertiliser la terre avec les mémoires de celles et ceux sans qui ils ne seraient pas, aujourd’hui. Qu'ils reposent tous en paix pour que nous puissions mieux vivre.

Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 03:21

L’exotisme ou comment réduire ce qui existe à une simple image, à un fantasme personnel. L’exotisme ou comment être con en 2011, l’exotisme ou comment prendre une hache et frapper dans le tronc d’un arbre millénaire, qui a toute une histoire en lui et des milliers d’âmes qui rient et qui pleurent.

  

 

Sans-titre-copie-1.jpgL’exotisme. Ou comment se prendre au jeu de l’autre et faire semblant d’être ce qu’il veut qu’on soit. L’exotisme. Ou comment humilier des femmes indigènes, prises en photo au 19ème siècle, en gribouillant sur un programme de merde, quelques couleurs rouge ou bleu, ou vert, avec pour faire joli, une bouteille de bière dont le nom est à l’effigie de la femme exotique.

 

 

L’exotisme. Ou comment penser que si tu es blanc, tu ne seras jamais noir et que si tu es noir, tu ne peux pas être blanc, ni dans ta tête, ni dans ton sang. L’exotisme ou, comment exclure l’humain d’un peuple, pour n’en faire qu’une paire de seins sans nourrisson accroché, et sans aucune affection.

 

 

L’exotisme ou comment féminiser un peuple, pour remplacer les pères, les frères, pour prendre le pouvoir, pour se rassurer soi-même, se dire qu’on est mieux, plus intelligent, plus fort, plus cultivé.

 

Sans titre-copie-1L’exotisme ou comment brader son propre pays, en faisant croire qu’une paire de titis et que 50 cl de bière, feront prendre l’avion à des centaines de milliers d’imbéciles qui croient encore au paradis sur terre, parce qu’un chercheur en mal de reconnaissance et de prestige a voulu faire plaisir à un Roi sur-poudré qui est né vain pour mourir vain, au centre du monde, au 18ème siècle.

 

 

 

 

L’exotisme ou comment faire pour construire des murs de vents pour faire croire qu’on est unique, d’un côté ou de l’autre du mur. L’exotisme ou comment diviser les peuples, ou comment chercher le conflit. L’exotisme ou comment s’auto-mutiler pour faire booster des ventes, ou comment demeurer au siècle précédent, quand l’autre a dépassé les clichés : il veut de l’authenticité et tu lui vends de l’exotisme. T’as rien compris, t’es aliéné, mais c’est pas de ta faute, tu t’es exoti-cisé toi-même, à force de vouloir faire plaisir à l’autre, tu aimes tellement son attention, tu aimes être exotique.

 

Sans titre-copie-1L’exotisme, ou comment faire naître la colère, le dépit, la tristesse, l’abandon, la soumission, dans des cœurs abîmés, en 2011.

Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 02:18

Tous ces ouvrages sont vendus en ligne sur le site de HIROASHOP, www.hiroashop.com

Ci-dessous les incontournables de Jean Marc Pambrun, dans l'ordre chronologique de leurs éditions.

 

 

 

800 ph11 v lallegoriedelanatte copie-copie-1L’Allégorie de la Natte, (« ou le Tahu’a parau tumu fenua dans son temps ») 1993 : Publication bilingue en Français & en Tahitien, issue d’une communication faite en 1992 à un colloque de Recherche scientifique. Les 20 années qui suivront, la démarche de l’écrivain reposera sur ce texte essentiel. Le tressage symbolise l’entrecroisement des contraires sans aliénations (un idéal) ; il s’agit de tolérance et de multitude. C’est ainsi que l’écrivain touchera à tout : théâtre, légendes, romans, biographie, essais satiriques et politiques. L'allégorie propose 3 chemins qui mènent à la grotte du savoir: Il y a celui qui vient de la montagne, celui qui vient de la mer, et celui qui vient du cœur : Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun  a choisi le 3ème.  Dans cet essai, l’écrivain laisse parler son cœur, il s’ouvre aux songes et à l’irrationnel. Pour cet auteur engagé, la culture polynésienne est loin d’être perdue. Elle est au contraire bien vivante en chaque Polynésien, qui en détient une part et dont il faut simplement rassembler et tisser les morceaux épars, comme on fait une grande natte. Mais pour pouvoir comprendre cette culture éclatée, pour pouvoir tresser la natte, on doit se débarrasser de tout préjugé, accepter l’irrationnel et le sacré.

 

SPP-Livre-1.jpgLe Sale Petit Prince, « pamphlets blancs », 1995

Textes satiriques qui sont toujours d'actualité sur les syndicats, la religion, les politiques, les femmes, la corruption, la pensée unique. Le "sale petit prince" est emprisonné, hargneux, il passe son temps à écrire sur son pays, il est impossible de ne pas y reconnaître les personnalités politiques. On retrouvera le thème de la prison avec « Le bambou noir ». Articles accompagnés d’illustrations d’Aimeho, de Mag, Munoz, Quibé… Ces articles sont issus de l'anciennement "Echo de Tahiti". C’est en lisant « le Sale Petit Prince » qu’on peut comprendre que Pambrun était un écrivain libre qui ne craignait rien, pas plus les hommes de pouvoir que les défenseurs de la bonne morale.  

 

 

800 ph12 r lafondationdumarae copie 1-copie-1La fondation du Marae, 1998

Le scolopendre ou "Veri Tara", est l’animal gardien de la famille de Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, qui, dans ce texte, lui accorde la vertu de puissance. La légende de la fondation du Marae mêle le fantastique au mythe ; on y retrouve tous les éléments de la pensée imaginaire polynésienne qui sont ceux de la métamorphose, de la fécondation, de la transgression du tapu et de ses conséquences: C’est un incontournable de Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun. Comme l’Allégorie de la Natte, l’édition est limitée et il faut savoir que les couvertures ont été dessinées par l’auteur lui-même avec une grande minutie. Pambrun pouvait passer des heures à dessiner et parfois repasser sur « un bout de natte » qui ne lui convenait pas. Les couleurs sont également choisies avec précaution, le « guerrier écrivain » vivant dans un monde riche de symboles.

 

 

c-est-une-terre-ma-ohi.jpgC’est une terre ma’ohi, 2001, poème. Magnifique ouvrage illustré des photos de Michel Chansin.

On ne peut rester insensible à ce poème, le plus apprécié des lecteurs de Pambrun. Je ne trouve pas les mots pour le décrire, tellement il regorge d’émotions. Ici Pambrun exprime sa plus belle déclaration d’amour et d’attachement à sa terre : « Tahiti n’est pas un pays qui se lève avec ses couleurs, c’est une terre ma’ohi qui se répand sur ses douleurs, en tranches épaisses de basalte, pour empêcher que son chagrin, ne vienne gronder sous l’asphalte, et y répandre son venin ».

 

 

 

 

800 ph01 r lanuitdesbouchesbleues copie 1-copie-1La Nuit des Bouches Bleues, 2002

Un texte exceptionnel, rythmé et beau : Première pièce de théâtre de Jean Marc Tera’ituatini Pambrun qui aurait mérité un prix littéraire et dont on aurait du faire une plus grande promotion. La pièce, accouchée dans la douleur, a failli ne pas être jouée à cause, encore une fois, d'une intervention politique bien mal intentionnée ; c'est finalement et heureusement à Moorea que « La Nuit des Bouches Bleues » prendra vie. Une jeune femme s'endort, elle rêve: apparaissent alors deux personnages principaux, une fée bretonne et un guerrier Ma'ohi RuaTini.  Dans un dialogue sensuel et puissant, chacun brode un discours émotif et réfléchi sur la culture, l'humanité, le colonialisme, la richesse des mondes.  

 

parfums-du-silence-copie-2.jpgLes Parfums du Silence, PRIX LITTERAIRE OUESSANT, 2003, réédité en 2009, ironiquement seul ouvrage édité sous un pseudonyme « Etienne Ahuroa » ! Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun a fait ce choix, car il a été exclu dans son propre fenua  et ne savait pas si quelqu’un allait l’éditer. Cette pièce est née d'un rêve dans lequel Paul Gauguin lui a rendu visite; ‘Les parfums du silence mettent en scène huit Marquisiens qui évoquent à leur manière les circonstances de la mort de Paul Gauguin, le 8 mai 1903 à Hiva Oa, la veillée funèbre et son enterrement. Au-delà de l'événement, ils parlent entre eux de l'homme, du souvenir qu'il leur laisse déjà, des Blancs et, d'abord et avant tout, d'eux-mêmes.’, Jean-Marc Tera’ituatini aimait à dire qu’il a « gommé le blanc pour mettre en avant les Polynésiens. »  Ce prix littéraire métropolitain accordé à un écrivain polynésien a légitimé Jean-Marc Pambrun dans le monde du livre, hors de nos frontières, même s’il existait bien avant. Ces ouvrages sont désormais disponibles dans les données bibliothécaires françaises.

 

800 ph06 r huna copie-copie-2 

 

 

 Huna ou secrets de famille, 2004

On change de style. Ces nouvelles tressent tradition et modernité ; elles sont, pour la plupart, inspirées de faits réels, mais aucun nom n’est cité, plus par pudeur que par crainte du litige, d’où le titre « secrets de famille ». On y retrouve le décalage douloureux entre des Tahitiens attachés à leurs convictions culturelles, leurs façons de considérer le monde, et une justice qui défend d’autres valeurs. La plupart de ces nouvelles, parfois humoristiques, parfois dramatiques, décrivent un monde polynésien réel qui cohabite sans cesse avec le rêve, une sorte de quatrième dimension.

 

   

800_ph05_r_lebambounoir_copie.jpgLE BAMBOU NOIR, 2005, "LE" roman polynésien.

C’est l’histoire de la formation, de l’ascension sociale, de la chute et du bannissement d’un jeune Tahitien pétri de révolte et d’idéaux, à la vocation de peintre singulièrement contrariée par l’histoire politique et sociale de son pays. Une narration bourrée d'images, de couleurs. Une boule de sensibilité et de sensualité explose, Pambrun fait de l'érotisme sans vulgarité, du fantastique sans exagérer. Il est à la fois mesure et démesure. « Le Bambou Noir » dévoile notre société, on y retrouve même Gaston Flosse, Jacqui Drollet, Oscar Temaru, sous des jours inattendus. Attention, ce n’est pas une biographie de Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun. Celui-ci apparaît à un moment précis du roman sous un autre nom et l’écrivain le fait mourir de façon bien pathétique. Pambrun aimait jouer avec l’imagination des autres.  

 

 

800_ph04_r_lanaissancedehavaii_copie.jpg

 

 

La Naissance de Havai’i, 2006

Légende de la création du monde dans la conception polynésienne (par Taaroa), dédiée à sa fille Hinatea et à tous les jeunes de notre pays. Traduit en tahitien par Winston Pukoki de l’académie tahitienne et préfacé par Sylvia Richaud.

Ce texte est un plaisir esthétique, écrit en vers, mais aussi un plaisir pour les yeux, grâce aux magnifiques illustrations de JL BOUSQUET. On parle souvent de transmission de la culture: voici un incontournable que nous devons lire. L’objectif est bien « d’apprivoiser de nouvelles générations de Polynésiens pour les familiariser à leur propre histoire commune » (Sylvia Richaud). Cette légende illustre des valeurs à transmettre à nos enfants, à intégrer dans notre vie contemporaine : la persistance, le désir, le courage, la création et la force.

 

 

800_ph10_r_francispuaracowan_copie_1.jpgFrancis Puara Cowan - Le maître de la pirogue polynésienne, autobiographie recueillie, Éditions le Motu, 2007. Cette autobiographie recueillie révèle l’intérêt de Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun pour les êtres d’exception. Il a voulu rendre hommage à un homme qui lui a inspiré du respect. On sent, en lisant l’autobiographie, qu’il s’agit bien de la voix de Francis Puara Cowan et non de celle de Pambrun qui s’est effacé en toute humilité pour donner à l’ouvrage la plus grande sincérité possible. Illustré de photographies d’archives, le parcours de Francis Cowan, sa construction de la pirogue, sa traversée de la vie, sa traversée de l’océan, illustrent le courage, la patience et sans doute y a-t-il la même persévérance chez le navigateur et chez l'écrivain.

 

   

 

800_ph02_r_lesvoiesdelatradition_copie.jpgLes Voies de la Tradition, Recueil de textes, Manuscrit.com, 2008.

Ce recueil regroupe plusieurs textes, poèmes et discours, indépendants les uns des autres mais tous liés par un objectif commun : Son pays, sa culture. Il s’agit de « tresse une natte » virtuelle qui pourra accueillir toutes les réflexions. Le poème le plus transgressif est « Les marchands d’identité » : il dénonce cette manie de vouloir commercialiser, vendre, donner une seule image de l’identité polynésienne. En simplifiant cette identité, pour la rendre plus « comestible », on fait tout simplement de l’exotisme, et on exclue des enfants de ce pays. Il faut « remonter à la racine », et dénoncer « les marchands d’identité ».

 

 

   

80026parutionslecture-tiff.jpgLa lecture, Fable théâtrale en trois actes, Éditions le Motu, 2009.

On peut être surpris en lisant cette pièce de théâtre. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de demander à Jean-Marc Tera’ituatini pourquoi il l’avait qualifiée de « fable théâtrale». Le personnage principal est en train de lire un texte, lorsque l’un des personnages, une femme, surgit hors de la fiction et se met à vivre au rythme de la « lecture ». La lecture décrit surtout un artiste peintre métropolitain qui ne se rend même pas compte de ses préjugés sur la femme, sur la Tahitienne l’autochtone ou îlienne (à toi de voir car les autres îles du pacifique aussi sont concernées donc d’où cette remarque), jusqu’à ce que celle-ci se rebelle et le réveille de son idéal mythique…

 

  

800_ph09_r_lileauxanthopologues_copie.jpgL'île aux anthropologues - Petit traité d'anthropologie satirique, essai. 2010

Je conseille l’ouvrage aux lecteurs avertis : D’ailleurs tous les anthropologues et sociologues vivant sur l’île s’y retrouveront sans doute, même si Jean-Marc Terai’tuatini Pambrun leur a donné des noms d’oiseau. C’est un retour à la source, puisque l’écrivain a une formation anthropologue. Mais le traité « d’anthropologie satirique » n’est pas évident à lire. Il est cependant un « incontournable », car il regorge de l’esprit satirique, du caractère humoristique et intellectuel de l’écrivain guerrier.

 

 

 

 

 

   

full_h39_parutions_hiro.jpgHenri Hiro - Héros polynésien, Biographie, Puna Honu, 2010, 504 pages.

Incontestablement, cette biographie est incontournable : Non seulement elle se dévore, page après page, mais en plus, elle est le fruit d’un travail de recherche assidu, elle est complète et honnête dans tous les sens du terme. La bibliographie d’Henri Hiro ne pouvait être aussi riche : Nous découvrons que le théâtre polynésien a proliféré, il est répertorié et décrit, alors pourquoi est-il si endormi aujourd’hui ? Humainement, la vie d’Henri Hiro est celle d’un pays. On rit, on s’émeut, on s’interroge. Celui qui n’a pas lu ce livre, ne connaîtra jamais vraiment l’histoire de son pays des années 1950 à 1980 ; nous avons un aperçu historique, social, politique, religieux incroyable.

 

    

Par Ariirau - Publié dans : Culture 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 22:26
Par Ariirau - Publié dans : Culture 2011
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés