Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /Déc /2008 23:25

Est-il possible d'honorer la mémoire d'êtres humains qu'on n'a pas connus, est-il possible de se souvenir de gens qu'on n'a pas rencontrés?

Bengt Danielsson faisait parti de l'expédition du Kon TIKI, il a du croiser le chemin de ma grand-mère, lorsqu'elle était encore jeune institutrice à RAPA.

Mais ce n'est pas pour ça que j'ai envie de vous rappeler à leur mémoire.

Il est possible de rendre hommage à des gens qui ont consacré leur temps à conserver la mémoire  collective et à lutter pour la dignité d'une civilisation doucement malmenée.

J'ai toujours trouvé dérangeant que des personnes sans racines militent pour l'indépendance d'un pays qui n'est pas le leur. C'est à mon goût un symptôme colonial subversif, parfois en croyant bien faire, on fait mal.

Pour les Danielsson, il n'a jamais été question, sans doute, de faire de leçon de morale aux Polynésiens. Ils aimaient sincèrement nos îles et leurs peuples.

Ils ont consacré ce qu'ils avaient de plus cher à la Polynésie: le temps de leur propre vie. Une vie dédiée à la recherche anthropologique, à la recherche de la vérité, une vie imprégnée dans une culture que je commence à peine à déceler, ayant vécu dans l'ignorance de mes origines en pensant qu'il me suffisait de naître ici pour me l'approprier.
Les époux Danielsson n'ont pas vécu dans l'ignorance.

Sans doute est-ce la raison pour laquelle des personnes qui les ont connus, des personnes qui les ont rencontrés, ont mis en place ce site, que vous trouverez également dans les liens :
http://www.arapo.org.pf/

Ce site à la mémoire des Danielsson, nous donne accès gratuitement à des ouvrages téléchargeables; pour y accédez, dirigez vous vers le site.



toutes les images, biographies, photos, parcours @ http://www.arapo.org.pf/

Par Ariirau - Publié dans : les gens de mon pays
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /Déc /2008 22:02

Ci à gauche, l'Arche de Noé, version LEGO



















J’étais assise à une table, l’autre jour, avec MATAMIMI, en expo, et puis un homme âgé s’est dirigé vers moi, sans regarder le livre, il m’a sorti comme ça, de but en blanc :


-        
Tu crois en Dieu ?

-         Oui, je crois en Dieu, pourquoi ?

-         Alors j’achète pas ton livre.



Ça m’a fait tout bizarre, je n’ai pas compris pourquoi il ne s’est pas adressé aux autres, je ne suis pas particulièrement grenouille de bénitier, mais un court instant je me suis sentie injustement lésée pour une conviction.Libérale, pro choice, pour la tolérance des libertés et des choix, j’ai souvent pensé que l’intolérance émanait des esprits religieux. C’est clair que je me suis plantée dans mon jugement. J’ai poursuivi avec mon interlocuteur :


-        
Vous êtes en Polynésie depuis longtemps ?

-         Oui, ça fera 40 ans que je vis ici.



Quarante ans, ici, au Fenua, et ne pas une seule fois, penser que Dieu pourrait exister, ça m’a paru étrange, je l’ai regardé, comme s’il avait vécu en ermite, dans une tour d’ivoire, comme si c’était possible de ne pas être plongé, ne serait-ce qu’un peu, dans la foi populaire qui vibre chez nous, de ne pas être enivré, ne serait-ce qu’un peu, de cet opium du peuple, motif colonial imprégné en croix sur des bulletins de vote…


-        
Mais… le peuple Polynésien est un peuple très croyant…

-         C’est justement ça, le problème.



Là, je me suis demandée si le problème, en fait, n’était pas cet homme, qui en s’installant ici et en vivant ici depuis 40 ans, remettait en cause les croyances religieuses d’une population qui pour survivre, avait accepté de troquer ses croyances pour une seule.

 

Cette drôle de discussion a créée une drôle de sensation en moi. Un mélange de reniement, de culpabilité, le sentiment d'imbécilité, de n’avoir pas su répondre ce qu’il aurait fallu répondre. Alors je me suis tout simplement plongée dans le livre sacré. Immenses contradictions que ces messages de paix soient la source de tant de guerres.


Je me suis arrêtée à une phrase à l’intérieur même du testament : Tout est métaphore, le terme employé est plus précisément « parabole ». C’est Jésus qui regarde ses apôtres, après l’épisode où il « marche sur l’eau », et il leur dit, en gros, « non, mais, vous n’allez pas tout prendre au premier degré, tout est parabole », il a choisi la parabole, dit-il, pour obliger l’homme à penser.

 

Alors, le fameux dialogue sur le pouce, Darwin et l’évolutionnisme, ne serait pas en contradiction avec le jardin d’Eden, Adam et sa côte, Eve ? Si tout est parabole, serait-ce si simple que deux siècles de dialogue sur un pouce soit un faux débat ? Le prosélytisme est certes, une plaie. La foi n’en est certainement pas une. Elle se marie d’ailleurs bien avec le rationnel : Curie, Einstein et les autres, croyaient en Dieu. Où est le mal, aujourd’hui, de conserver en soi, la volonté, l’espoir qu’il existe une autre force arbitraire et toute puissante, autre que la simple matière ? Est-il possible aussi, que des centaines de millions de personnes se mettent à prier, partout sur la planète, sans que les esprits se rejoignent et se fusionnent dans un même désir de paix ? Est-il possible de penser que nos tupuna cohabitent et transgressent un monde parallèle, sans penser qu’un mana lumineux n’imprègne leur existence ?

 

L’Humanité toute entière serait-elle basée sur un mensonge, et pourquoi embrasse-t-elle ce mensonge plus de deux milles ans plus tard ?

 

Peut-être parce que, les paraboles ne sont pas des mensonges, mais que leur interprétations peuvent mener au mensonge. Pas besoin de miracle pour croire à un rêve, pas besoin de signe pour défendre des concepts vitaux : ne pas mentir, ne pas tuer, ne pas envier, ne pas tricher, ne pas maudire, ne pas tromper, ne pas se trahir, ne pas s’empiffrer de chocolats.

 

Et « sans Dieu ni maître », c’est pourquoi faire, au juste. Au début des années soixante, en Russie, nouveau pays du sans-dieu, deux jeunes hommes ont été fusillés au poteau pour avoir porté des jeans, symboles du capitalisme. Quand l’homme s’érige en propre maître, il s’abuse et abuse. « Si le corps vieillit et meurt, l’esprit, lui, ne meurt jamais », me disait un anarchiste. Comment pouvait-il se convaincre de ça, en argumentant l’inexistence de Dieu : pas vu, pas cru.

 

Qu’a fait la religion en notre pays ? A-t-elle détruit une langue ? Elle l’a retranscrite. A –t-elle détruit une culture ? Certainement. Mais les croyances ont changé de forme. Le cannibalisme et le tribalisme sont toujours là, sous des formes différentes. Le cannibalisme, on le retrouve dans les lynchages de groupes, très communs en politique ; on stigmatise tout sur une seule personne, jusqu’à caricaturer son existence, jusqu’à la détruire profondément, manger son mana, son individualité, sa différence. Le tribalisme est toujours là, même si l’esprit du pupu est malmené : être enfant d’ici est quelque chose qui se mérite, où des épreuves sont imposées, qu’il faut savoir gérer. L’ostracisme est vite venu dans ce monde clos de l’île.

 

Oui, je crois en Dieu, et alors, pourquoi pas ? Qu’on n’achète pas MATAMIMI pour ça, quand son sujet ne concerne pas Dieu mais quelques êtres humains, finalement, me fait penser que je ne suis pas à l’abri de l’absurde, je vis en plein dedans… Surtout quand on lit ce qu’on lit dans ce roman. Les fanatiques de la bible ne sont pas mes amis.

Pourtant, je sais que Dieu ne m’a jamais quittée, et ça me réconforte. Jamais je ne me suis sentie aussi proche de lui que sur la terre où je suis née.

Quel paradoxe aussi, que l’histoire du colonialisme. Il y a deux cents ans, les colons punissaient sévèrement tout Polynésien qui croyait en ses cultes ; aujourd’hui la descendance des premiers juge celle des seconds, métis ou pas, qui revendique avoir la foi : c’est justement ça, le problème.

 

 

 

 

Par Ariirau - Publié dans : Que me veut le mo'o?
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Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 04:57

Son père  a épousé ma mère dans les années soixante; il y a eu la bombe de Flytox, mais aussi deux frères. Consanguins pour elle, utérins pour moi.

Ma mère a rencontré mon père et son père a rencontré sa mère.
Ainsi suis je née un 15 septembre, ainsi est-elle née un 14 septembre.

Et aucun de nos frères ne se rappellera de nos anniversaires. Au total quatre frères: un poète, un bassiste (qui joue dans TOA URA), un féru de maths, un grand et costaud gardien.

Teraura est ma petite soeur et je l'aime.

Nous n'avons pas grandi ensemble mais nous nous sommes partagées les grands frères Galenon, utérins pour moi, consanguins pour elle, mais grands frères tout de même.

Ce sont ces deux frères qui nous attachent l'une à l'autre. Et les moments que nous avons partagés dans notre enfance sont encore très vifs dans ma mémoire.

Sista Teraura avait neuf ans et j'en avais dix sept. Une semaine durant, nous avons habité ensemble dans la maison du grand-père Hascoet à Punaauia, Teraura et nos quatre frères.

Teraura et moi, nous dormions sur un petit lit dans une pièce et les frères dans l'autre pièce.

La nuit, les mo'o faisaient du bruit sur la tole, mais ce n'était pas la raison pour laquelle je dormais à peine. Je serrai ma petite soeur qui était somnambule, je craignais qu'elle ne se lève et qu'elle marche, et qu'elle tombe dans les escaliers. Elle se levait toutes les nuits et marchait dans son sommeil jusqu'au salon, au milieu duquel elle s'accroupissait, puis elle revenait dans la chambre. Je finissais par m'endormir et je me réveillais: Teraura s'asseyait sur le lit, comme pour se lever. Alors je mettais ma main sur son épaule; elle tournait la tête vers moi, me regardait, puis se recouchait.

Teraura a toujours eu beaucoup de caractère. A neuf ans déjà, c'était difficile de grandir avec des grands frères moqueurs et indifférents aux désirs d'une petite fille. Dans ses moments de colère, elle débarquait au centre du salon, avec une valise toute prête: elle voulait partir. Déjà.

Elle avait de très beaux cheveux, blonds, crépus et longs, elle était joueuse, et sage. L'un de nos frères avait installé un système de musculation avec un sac assez lourd, attaché à une corde; il fallait le tirer pour le soulever, travailler ses biceps. Teraura voulait leur montrer qu'elle aussi pouvait le faire, mais le sac se soulevait à peine.

Le cadet de nos frères s'inquiétait de comment lui expliquer ce qu'était la puberté; c'était lui qui préparait le ma'a, s'occupait du linge, et de la maison. Il n'y avait pas de mère à ce moment là. Mais Teraura s'en est bien sortie toute seule.

Le soir, elle exigeait de dormir dans un tee shirt de son père, sinon elle restait éveillée et aucune berceuse ne l'aurait assoupie. Nous avons galéré chacune de notre côté, pour des raisons différentes. Et puis nous nous sommes retrouvées, un jour. Teraura est ma petite soeur et je l'aime.



Par Ariirau - Publié dans : la tribu
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /Déc /2008 01:26



Dès qu'elle me voit arriver, à côté de son grillage, elle file tel un raptosaure, plus légère qu'un brin de miri. Son cou de poule serpente avec la souplesse d'un drap au vent, et ses yeux de poupée sont si fixes qu'ils semblent inanimés. Ma poule, lorsqu'elle me voit arriver, sautille tout en oblique, avec une certaine légèreté. La terre est relativement plate et rien n'entrave son chemin.



























Elle est photogénique.

Once upon a time, a chicken in Papara, rushed towards my camera.  I just like the colors of its red feathers, colors dancing in the green grass under palm trees and breadfruit trees, in the courtyard, in Papara.

Cot cot cot in Papara, j'aime la nature et tout ce qui s'en suit.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /Déc /2008 00:59


Photographie de l'essai Dioné, 5 juin 1971 @ http://www.point-zero-penelope.org/

La puissance totale des explosions atmosphériques faites en Polynésie française se situe entre 7 650 Kt pour l’estimation minimum et 10 807 Kt, soit entre 510 et 720 fois la bombe d’Hiroshima.

C’est partout en nos corps que résonne une mémoire sans raison, un souvenir de l’absurde, inexplicable, tellement il claironne notre naïveté et nos échecs. Nous sommes devenus aveugles en plein jour, et plus nous avançons dans le Noir de notre Histoire, plus nous y voyons un peu plus clair. Et le portrait que j’observe me déplait, il m’attriste. C’est une tristesse sans colère.

 

Pleurons 720 fois, 720 ans Hiroshima en notre pays et les brulures au goût de sel, sous notre sable, se sont enfouies. Les particules se disloquent et se culbutent, elles nous abîment et nous transforment. Autant d’obésité et de dépression, autant de violence auxquelles on ne trouve pas de vraies raisons.

 

Je demande pardon à mes ancêtres et j'implore le pardon à mes enfants. Le caractère et les coups, nous savons nous les infliger entre nous, mais lorsqu'il a fallu défendre notre terre, nous avons fait preuve de mollesse et de passivité. Aujourd'hui, il est bien trop tard pour se mettre en colère et pour tenir rancune.

Pleurons 720 fois Hiroshima en notre pays et demandons pardon à nos ancêtres.


Tout a commencé par un mensonge. Nous avons prétendu ne pas le savoir.

Le 29 juin 1880, le roi Pomare V signe un acte juridique avec la France qui stipule que «  l’on continue à laisser toutes les affaires relatives aux terres entre les mains des tribunaux indigènes » Outre le fait que ces tribunaux, « indigènes », jamais ils ne le seront, en 1964, les atolls de Mururoa, ‘atoll des secrets’ et Fangataufa, ainsi que quelques parcelles domaniales de Hao, sont perquisitionnées au nom du progrès et de la recherche.

 

L’opinion désabusée sera abusée et trompée, aujourd’hui, comme hier, mais surtout hier et en août 1962, un journal local annonce aux Polynésiens que « Trente milliards en quatre ans (seront investis par la France) et Mangareva deviendra un grand centre européen d’essai de fusées ; 30 000 techniciens français débarqueront… »

 

Il n’y a jamais eu de fusée Ariane en mon pays, et pourtant parfois, j’ai l’impression que je peux frôler les étoiles du bout de mes doigts. Il n’y a jamais eu, non plus, de techniciens, mais des soldats de la légion étrangère chargés du gros œuvre, et parmi eux, il y avait mon papa et mon papy. Deux cobayes parmi d’autres, l’un pâpa’a, l’autre paumotu, sans rien en commun que leur descendance.

 

Trente six essais, trente et un accidents répertoriés dont quelques morts suspectes. Et tous ces essais portent un nom, ils ont été baptisés. Pourtant je pensais que l’horreur n’avait pas de nom, je me trompais, c’est la douleur qui n’en porte pas. Je pleure 720 fois Hiroshima en mon si beau pays. Un pays qui reste pur quand sa chair est meurtrie.

 

Tout continuera par un mensonge. Nous avons fait semblant de ne pas l'entendre.

Et lorsqu’on leur dira de ne pas aller pêcher, ou de ne pas boire l’eau du coco, on saura que ces paroles sont masquées et qu’elles ne valent rien sur le cœur du Polynésien.

A la pêche, il ira, et l’eau du coco, il boira.

Et quand il partira de l’atoll, on gardera toutes les traces de son passage, son contrat de travail, ses bilans de santé, il repartira sans doute avec un peu d’argent dans la poche, mais dans le sang couleront quelques gouttes de larmes, de ce deuil imposé à plusieurs générations qui ont appris à vivre avec le mensonge.

 

Je voulais vous dire aussi, qu’en janvier 1966, un bébé de trois ans est mort à Hao ; un enfant de notre pays. Il était sur une barque avec son père, et la barque a heurté un de ces câbles inutiles, installé par un de ces 30 000 techniciens fantômes.

Aussi sans doute, je ne veux pas oublier Petero Teputahi, Bataro Toae, qui sont morts au cours d’un forage à Mururoa en septembre 1965.

Et puis il y a Acturus, qui porte le nom d’un personnage de BLANC CASSE, qui devait exploser sous un ballon mais qui trop pressé, a explosé au niveau de la mer.

 

Pleurer 720  fois Hiroshima en son pays. Il faudra nous pardonner d’être si faibles et pourtant si forts. Puisque ma grand-mère se vantait d’être d’une race d’orgueilleux et de guerriers, ainsi court le peuple à la perdition, chemin pavé par l’ignorance où nous sommes devenus des aveugles en plein jour. Où il n’y a que les rêves qui éclairent notre raison.

 

N’oublions pas Tydée, n’oublions pas Priam, dont les explosions ont fait s’effondrer les barrières récifales.

 

Tout continuera dans un mensonge. Nous ferons semblant de ne pas être complices.

Puisqu’on ne veut pas soigner, on ne veut pas reconnaître. Soigner c’est reconnaître, c’est admettre. Un laboratoire de recherche sur le cancer en Polynésie ? Mais pourquoi faire ? Et Mururoa et Fangataufa sont toujours nos enfants mais ils ne nous appartiennent toujours pas.

 

Pleurons 720 fois Hiroshima en notre pays et les visages restent secs, si vous cherchez nos pleurs, observez en silence notre pays. Une étendue de gouttes lacrymales a débordé de la surface de nos îles et de nos atolls. Si vous pensiez que c’était l’océan, vous vous trompiez. Des millions de kilomètres carrés de bleu et de sel  sous l’azur éternel sont ici pour vous rappeler que rien ne creuse le visage d'un peuple, qui vit au milieu des larmes de son passé, sans le savoir. 

Tristesse s'agrippe à nous, 720 fois Hiroshima en notre si beau pays.

 

 

 



Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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