Lundi 1 décembre 2008
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Ne te laisse pas aller, dehors, il fait froid, mais dedans, le coeur de ta fille est tout chaud.
Ta vie est une source qui glisse sous ma peau, prends soin de toi. N'oublie pas que je t'aime.
Laisse le radeau s'éloigner, n'essaie pas de le rejoindre, lève-toi de ton lit et ne pense plus à lui, comme tu le fais, là maintenant. C'est
fini papa, ton p'tit frère n'est plus là. Ne te laisse pas aller, ne te laisse pas partir, lève-toi de ton lit et ouvre la fenêtre. Dehors il fait froid et l'air est glacé, mais dans ton coeur à
toi, il fait encore chaud.
Enfile tes pantoufles et traîne les pieds jusque dans la cuisine, assied-toi comme le Chef que tu es, et
laisse-toi servir ton café. Et regarde la fenêtre, il fait encore nuit dehors. C'est l'hiver et tout est gelé, mais papa, te laisse pas aller. Laisse le radeau
s'éloigner.
c'était à Noel, tout en haut de la rue de la Senelle.
Et pour cette fête, une orange fut offerte à chacun de vous.
Une belle orange à la peau épaisse et aux quartiers juteux.
Une orange chacun, pour noel, dans cette maison deux pièces,
en haut de la rue de la Senelle.
Sept oranges, une chacun.
Vous avez décidé de ne pas les manger.
Vous avez déposé les oranges sur la poutre de la cheminée, et toi, tu as regardé la tienne avec les yeux de la
bouche.Tu avais faim.
En grandissant près de toi, je n'ai jamais manqué de rien,
n'oublie pas que je t'aime.
Merci mon père, prends soin de toi.
Dimanche, tu iras chez Juliette, tu n'iras pas tout seul. Il sera là dans ton dos, à te regarder boire ta
bière, il sera avec toi, tu sais bien comme il est, ton p'tit frère.
Vous êtiez toujours collés l'un à l'autre. Il a fallu même que tu fasses construire ta maison non loin de chez
lui, tellement tu l'aimais, ton ptit frère. De coups durs en coups de coeurs, vous avez toujours été accrochés,
et même aujourd'hui, il est à tes côtés.
Papa, laisse son radeau s'éloigner et n'oublie pas que je t'aime.
De la gomina dans les cheveux, un paquet de Gauloises bleues sans filtres dans la
poche.
C'est toi mon père, qui marche avec lui,
sur le trottoir du pont de Laval.
Dehors il fait froid, mais dans le coeur de ta fille, il fait encore chaud,
parce que tu es là.