Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 00:48

 

 

 

Dans la joie et dans la douleur, dans la galère et dans la splendeur, dans les colères et les câlins, dans la fidélité et le conflit, Feri Tane.

 

 

 

Dans la pudeur et la nudité, dans l'amour de notre pays et de ses étrangetés, jusqu'au mafatu boum boum au coeur de la montagne, Feri Tane.

 

 

 

 

Dans la fécondité et la sécheresse, sous le soleil ou sous la lune, au creux d'une vague ou sur ta paume, dans la froideur ou l'allégresse, sous un arbre ou sur du sable, Feri Tane.

 

 

 

Dans le respect et le défi, dans la Foi et dans l'envie, à tes côtés quoi qu'il arrive, Feri Tane.

 

 

 

De Rome à Kauehi, brassages de siècles, brassages de sang, amours d'enfants, Feri Tane.

 

 

 

 

Et si tes semences ne portent pas de fruits, nous féconderons de la paix et de l'amour jusqu'aux étoiles, toi et ton bison, moi et mon Kit Kat, nous regarderons les chérubins se baigner, dans les rivières de notre pays.

 

 

 

Par la racine jusqu'au bourgeon, enfants de Dieu enfants d'ici, dans la richesse ou la pauvreté, tout ira bien, Feri Tane. Tout ira bien.

 

 

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Mercredi 3 décembre 2008 3 03 /12 /Déc /2008 02:22

As a child, I once swallowed the soft colours of my island.

 

My grand mother was seated on the sofa, and sewing pieces of cloths altogether.

 

The Polynesian patchwork was telling me the story of a Legend, there was a shark, a coconut tree, a dancing woman and the shadow of my island.

 

As a child, I once swallowed the soft colours of my Fenua. Fenua is such a magnet-land that attracts all the Natives who go away. You can NEVER leave you native land, once you swallowed its soft colours. They dissolve slowly into your blood, they flow along your heart, they touch you until you can smell the perfume of gardenia flowers.

 

Blessed are all the people of my island, who once swallowed its soft colours. Colours so soft that they caress your eyes and let you hope. The rain is a shower curtain blurring a little those soft colours, but not for too long though. My grand mother was seated there, and she was sewing pieces of cloths altogether, letting me know that I was one colour matching others. Polynesian artworks mixes different colours, absorbs what makes our life joyful: breadfruit tree, pineapple, plants and leaves drawing all over, sewed in soft colours.

 

As an adult, if you are bound to leave my native land, those soft colours come back to you, when you close your eyes. If you remember the perfume of the gardenia flower, you can remember also your grandmother, and survive all way through, walking on the path of the unknown.

 

Blessed are all the people of my island, who once swallowed its soft colours.

Par Ariirau - Publié dans : couleurs et sons de mon île
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 00:21


Ne te laisse pas aller, dehors, il fait froid, mais dedans, le coeur de ta fille est tout chaud.
Ta vie est une source qui glisse sous ma peau, prends soin de toi. N'oublie pas que je t'aime.


Laisse le radeau s'éloigner, n'essaie pas de le rejoindre, lève-toi de ton lit et ne pense plus à lui, comme tu le fais, là maintenant. C'est fini papa, ton p'tit frère n'est plus là. Ne te laisse pas aller, ne te laisse pas partir, lève-toi de ton lit et ouvre la fenêtre. Dehors il fait froid et l'air est glacé, mais dans ton coeur à toi, il fait encore chaud.

 

Enfile tes pantoufles et traîne les pieds jusque dans la cuisine, assied-toi comme le Chef que tu es, et laisse-toi servir ton café. Et regarde la fenêtre, il fait encore nuit dehors. C'est l'hiver et tout est gelé, mais papa, te laisse pas aller. Laisse le radeau s'éloigner.

 

c'était à Noel, tout en haut de la rue de la Senelle.

Et pour cette fête, une orange fut offerte à chacun de vous.

Une belle orange à la peau épaisse et aux quartiers juteux.

Une orange chacun, pour noel, dans cette maison deux pièces,

en haut de la rue de la Senelle.

Sept oranges, une chacun.

Vous avez décidé de ne pas les manger.

Vous avez déposé les oranges sur la poutre de la cheminée, et toi, tu as regardé la tienne avec les yeux de la bouche.Tu avais faim.

En grandissant près de toi, je n'ai jamais manqué de rien,

n'oublie pas que je t'aime.

Merci mon père, prends soin de toi.

 

Dimanche, tu iras chez Juliette, tu n'iras pas tout seul. Il sera là dans ton dos, à te regarder boire ta bière, il sera avec toi, tu sais bien comme il est, ton p'tit frère.

   

 

Vous êtiez toujours collés l'un à l'autre. Il a fallu même que tu fasses construire ta maison non loin de chez lui, tellement tu l'aimais, ton ptit frère. De coups durs en coups de coeurs, vous avez toujours été accrochés,

et même aujourd'hui, il est à tes côtés.

Papa, laisse son radeau s'éloigner et n'oublie pas que je t'aime.

 

De la gomina dans les cheveux, un paquet de Gauloises bleues sans filtres dans la poche.

C'est toi mon père, qui marche avec lui,

sur le trottoir du pont de Laval.


Dehors il fait froid, mais dans le coeur de ta fille, il fait encore chaud,

parce que tu es là.  




Par Ariirau - Publié dans : lettres
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 03:15

L'ombre de Hoatua se tient droite dans le coeur de sa mère

et rien aujourd'hui ne peut l'en dégager.

 

Ni le soleil ni ses rayons les plus clairs,

ne pourront effacer l'ombre de Hoatua

dans le bleu.

L'ombre de Hoatua est silencieuse comme l'enfant,

Elle s'étend jusqu'au bout de nos êtres,

et nul d'entre vous ne devra la piétiner.

Puisque,

Hoatua est né jeune Roi silencieux.

 

L'ombre de Hoatua se tient droite dans le coeur de sa mère

et rien jamais ne pourra l'en dégager.

Elle porte avec lui, le courage de ses frères,

que nous ne pouvons qu'admirer.

 

Ainsi l'ombre d'un enfant en rappelle d'autres

ne la piétinons pas.

 

Elle s'étend jusqu'au bout de nos êtres,

ainsi est né Hoatua, un humble Roi.

 

 

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 22:28

 

 

Tous les vents de notre Pays sont invincibles

et soufflent à travers nous les esprits ancestraux.

 

De Kaukura, il fouette la mer jusqu'à nos corps

pour m'annoncer un mauvais sort.

Il souffle fort dans mes oreilles

et me livre en ses mots ses combats glorifiants.

 

Tous les vents de notre Pays sont invincibles

et souffrent à travers nous les esprits ancestraux.

 

De Nuku Hiva, il surfe sur la brise,

jusqu'à nos coeurs

Il danse autour de nos âmes

piétinant en douceur

les sentiers de nos peurs.

Tous les vents de notre Pays sont invincibles

et sourdent à travers nous les esprits ancestraux

 

De Huahine, nous illumine Matairea,

jusqu'à la plante de nos pieds.

De la poudre de lumière, le vent nous couvre,

Sous les cieux émerveillés.

 

Tous les vents de notre Pays sont invincibles

et soulèvent en nous les esprits ancestraux

 

De Rapa, il fustige, il nous glace,

exacerbé de colère, il inflige,

des claquements de tissus et s'étouffe

d'un seul coup, avec l'oubli comme seule

issue.

 

Tous les vents de notre Pays sont invincibles

et en nous combattent les esprits ancestraux

 

De Tipaerui, il me suit,

et il me porte jusqu'à toi,

guerrière sacrée, toi

esprit ancestral et centenaire,

qui rit de nous, enfants ingrats.

 

Tous les vents de notre Pays.

 

Par Ariirau - Publié dans : little poèmes
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