Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 00:24

Will it change with Barack Obama? I don't know, but I confess I go for him. The presidential candidate couldn't find more of an opposite in the person of John Mc Cain, an absolute antithesis of what he represents. Why do I care, living here in Tahiti, who's going to be President or not?

I do care, because our tiny "francophone" island is floating in an English speaking world and English cultural world. And I do care also, because there are people I love over there, in the States.

Mc Cain, in my opinion, is not representative of America as it is today, I mean, as I got to know it when I was a foreign student there, from 1997 to 2005.

This wide country is so young in his mind, in his History, in his culture. Mc Cain can't even use a computer, living in a place where all Americans live kind of a double life, one virtual & one real, since Internet entered their home a while ago. Unless this is wrong information, from which planet comes Mister Mc Cain?

The Republican candidate, even though he's not Georges BUSH, seems to carry on his shoulder the eight years of Republican foreign relations faux-pas, 2001 trauma and economical crisis.

My plane landed in Wichita, Kansas, on the 17th of August 1997, at 6 something PM, when Clinton was President, and my plane took off on the 18th of September 2005, when Georgie was President, and from the beginning to the end of my journey, there has been so much change in the country.

I remember that in 1998, the fuel gallon was 99 cents; a gallon is about 4 litres. In 2004, it reached 4 dollars. That's a lot in a country where you could buy a hamburger for 99 cents.

I believe I spent the best times of my life in the States, not simply because I could buy chocolate ice-cream at 3 am, but mostly because of the people I met. From Wichita to New York City, I have encountered people I will never forget, and if time can eventually erase their names from my memory, their faces and what they've done and who they are, will never fade.

Marie-Thérèse, Sandy, Amy, Masano, Sonali, Fabien, Diego, David, and Steve, the bartenders of that spot where I used to play (bad) pool with my friends, the Bottleneck rock bands, Modest mouse, Cat Power, Blonde Redhead, The Shins, Assia Djebar's voice reading texts of Camus, all of those who taught me things, about life, about literature, about others.

Yes, America is a beautiful country as I got to know it, Florida beaches are white and soft like flour, and Kansas is as flat as it can be, New York taxi drivers chose their passengers and not the other way around. Excuse my English, sir.

So I said, "Barack is not Martin" and John Mc Cain is certainly not Georges Bush. Why did I write this, I don't know. For you to guess, I guess.

Barack Obama is "metis" (from the Greek word that means, "Wise"), he's mixed blood, White mum and Black dad. And even if people say, that it is not a racial issue, it is a racial issue.

He is the child of two cultures, he's looking at his country, and he's also looking at other countries... yes, that's right: he's open minded; and thanks Mister Obama for leaving to women the right to choose. He's not focusing at the belly button of America, he's watching his country move within (I like that word, "within") the world.

Proof is, that it's the first time I see a Presidential candidate travelling around the world, instead of staying at home, like the others. Isn't that change?

Black people in America are Americans above all. Their history is marked with segregation and sufferance, and they have gone a long way to pull down the barriers of prejudices. From this little girl named Rosa Park, to this radical strong minded man called X, there has been and still are conflicts. Conflicts in the image of the Black man in the Medias, in TV shows like "Cops", among others.

During the 8 years I've been there, not once, have I been threatened or felt threatened by Blacks: and yet I lived in Spanish Harlem, as white as a sheet as I can be, and I lived in Wichita close to a neighbourhood where I could sometimes hear shot guns. But when you watch TV over there, and when you watch Fox News, it's just as if the bad guys were always Black men.

It is a racial issue. In America, they also say "Divided but Equal".
Divided? no more, with the mixed blood man that stands up for change.

One of my favorite comedians, if not the favorite, is David Chapelle. The funniest of his stand up is the story when he's in a limo and ends up in Harlem, and there is a baby in diapers smoking a joint at the corner of the street. David Chapelle likes to manipulate Black/ White prejudices, and there is a lot of truth in many of his jokes. He turns toward us a revealing mirror.

 I won't go  too far now, I didn't go far anyway. And I got to go, things to do. But I just want to finish with the culture that turns upside down your heart and guts.

- A novel: "BROTHER"
- Morrison’s corn fields.
- a movie: " Color Purple"
- a song: "Georgia"
- a dream: Martin Luther King.

Let’s end on his words  that ring across the United States Nation’s walls unforgettable touching words of a man who believed, not in a race supremacy, but in humankind. A man who loved his country, the way I- We love my native land.

Par Ariirau - Publié dans : culture 2008
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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 03:23
Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 19:37

C'est à ce moment bien précis qu'il tient, entre les mains, sa destinée. C'est l'heure de l'examen de sa conscience. Une conscience rouge et lisse, tel un ballon de cirque, qui flottera, à nouveau, encore, au moment où il s'y attendra le moins.

D'une main d'abord, puis des deux, il appuiera sur ce ballon rouge, pour le faire couler, mais la chose remontera, gonflée de ces choix qu'il a pu faire dans le passé, lorsqu'il était debout, traqué dans l'impasse.

Elle est à ce moment de la vie où elle ne peut plus rien affronter, qu'un mur. Deux alternatives s'offrent à elle: soit elle retourne sur ses pas et replonge dans le passé, elle retrouve l'enfer des autres, elle revit, au ralenti, des gestes qu'elle n'a pas pu, ni su dominer. Soit elle marche tout droit, jusqu'à se coller le nez contre le crépi d'un mur, si haut qu'il plonge dans le ciel, et que l'échelle ridiculement apposée ne surmonte pas. Elle a fui la haine à gauche, elle a fui la médisance à droite, contrainte  d'emprunter le troisième chemin, celui de la démence, celui qui menait à l'impasse.

Ils doivent à ce moment précis faire un choix. Le sentiment d'anxiété s'incruste au creux des omoplates, telle une matière visqueuse ou moite, telle de la guimauve qu'on vend dans les cirques et qui s'enroule autour de l'oesophage. Cette anxiété grimpe, jusqu'à cette partie du cerveau, cristallisée, qui n'arrive plus à réfléchir, membre de la réflexion pris dans l'impasse.

L'impasse, c'est un paysage sans porte. Un retour sur soi-même, forcé, où l'homme doit remarcher sur ses pas, remâcher son passé, et regarder ce qu'il a fait, à ce moment précis de sa vie.

Et il n'y a rien qu'il puisse faire, que s'enfermer dans le dénigrement, que d'accepter la fausseté de son existence. Lorsqu'il se voit en sujet, sujet du viol, sujet du meurtre, sujet de la guerre, sujet de la corruption, il s'interprète alors comme un pantin, pantin des évènements, marionnette du contexte, contexte culturel, historique ou politique.

Lorsqu'elle se voit en objet, objet de la calomnie, objet de la persécution, objet du défoulement, elle s'interprète en pièce d'échiquier, faisant partie de la foule, faisant partie du jeu, une chose irresponsable, soulevée par le clan, poussée par la tribu, à faire ce qu'elle ne voulait pas vraiment faire.

Ils s'interprètent pour mieux se comprendre et pour justifier leurs actes. C'est ainsi qu'ils transpercent le mur de l'impasse, en réinterprétant le passé, en se déculpabilisant face à l'acte.

Impassible vient du mot "souffrir"; il ressemble à l'impasse, pourtant rien ne les lie dans l'histoire sémantique.


Combien d'entre nous, n'ont pas, à un moment précis de leur existence, été pris dans l'impasse. Le mur de la ruelle, le paysage sans porte, n'est que le jugement des autres, n'est que le ballon rouge du cirque, n'est que la conscience de soi.


C'est alors que sa raison compressée par un étau, celui des choix, elle saisit l'échelle ridiculement apposée contre un mur qui plonge haut dans le ciel. Et d'une force décuplée, elle frappe l'objet inutile contre le mur de la ruelle.


Impassible, elle ne l'est pas.

L'examen de leur conscience ne survivra que dans l'interprétation qu'ils voudront bien en faire. Avec le recul pris sur leur passé, ils jugeront que les circonstances hasardeuses, hors de leurs portées, leur ont fait prendre des décisions qui les ont menées à l'impasse.



Et sans aiguille pour percer le ballon rouge, ils attendent patiemment que le vent des TUAMOTU, qui plie les êtres et les arbres, l'entraîne au large et que les bribes d'une conscience meurtrie se noient définitivement dans le bleu de l'oubli.

Par Ariirau - Publié dans : Que me veut le mo'o?
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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /Oct /2008 23:50



la brise s'étouffait sous une chaleur de plomb; 
les cailloux éparpillés cajolaient nos semelles.

Ce jour là, j'ai aperçu un bataillon de Ti'i et quelques pingouins.

....

Ce jour là, j'ai senti le parfum vert quelques pamplemousses à 500 francs le sac, sur l'étal couvert d'un pareu rouge.

Et derrière un chérubin insolent de Nuku Hiva, au nez retroussé et aux boucles noires, me montrait toutes ses dents.

....


J'ai vu aussi la bête énorme et épuisée, sur un lit de terre sèche et de quelques pailles.


Impressionnante et colossale, la belle bête au cuir roux brun.
...









Ce jour là à Faa'a, j'ai touché des yeux toutes les couleurs de notre pays,

un bataillon de Ti'i,




du chocolat au cramoisi,



Et du côté de la vannerie,
reposait cette natte des Australes dont la confection n'avait pas vu passer les heures.


Quelques chapeaux tressés en fibres de noix de coco exhibaient une plume d'oiseau...



Et certains de ces ramages me rappelaient ton souvenir et les ornements de ton fare, maman.




ce jour là, je ne savais plus où regarder... tout était si lourd, tout était nacré.
Beaucoup trop royal, beaucoup trop sacré.


Des branches de coraux, des grappes de raisins, des fibres de bourre de coco, c'est une autre vie que subit la matière, lorsqu'elle est prise et tissée par les doigts paumotu.


Ce jour là à Faa'a, trois petits cochons noirs s'exerçaient à la course dans un enclos de 4 mètres carrés,


et trois balais niau languissaient quelques secousses.
...


















des balais niau qui me rappelaient ton fare.
Et ces hivers emmaillotés dans des toiles d'araignées, lorsque papa dépoussiérait les stères de bois dans notre cave.




 
J'observais la petite, qui les yeux grands ouverts, observait le lapin, qui les yeux fermés rêvait d'être ailleurs.








Ce jour là, deux brebis tenaient compagnie à un misérable bouc plein de rancoeur, confondant leurs panses avec un punching ball, j'ai passé mon chemin.




Des ananas, un petit arbre de vingt ans proposé à dix milles francs, du taro, et






et la foule,
                                                     et la foule,














et la foule...




















Par Ariirau - Publié dans : culture 2008
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 19:17



Notre mère est le genre de femme à te balancer une bombe de flytox sur la tête si tu l'embêtes. Moi, c'est le pot de beurre de cacahuètes sur le frigo, quand on m'embête: ça n'a forcément pas le même effet dramatique, et puis, quand il faut nettoyer avec l'éponge après, accroupie, on n'a pas l'air fin. A chaque génération son truc. Ma mère c'était la bombe de Flytox, moi c'est le pot de skippy. J'ai un lien particulier avec le beurre de cacahuète. J'en mangeais à grosses cuillérées avec du camembert quand j'étais enceinte de Matamimi.

La bombe de flytox, c'est efficace, ça remet les idées en place, je la conseille à tous les couples, qui à un moment ou à un autre, en ont marre de voir la tronche boudeuse de l'autre. La bombe de flytox te permet de voir plein d'étoiles et d'avoir plein de bisous après; elle désintègre toutes les insultes et sa vaporisation extermine les pollutions verbales. La bombe de Flytox est très efficace contre les maris embêtants dont la boîte crânienne est d'une épaisseur raisonnable pour amortir une chute.

Sur la photo, notre mère a dix-neuf ans, sur le point de tomber enceinte d'un homme qu'elle ne veut pas épouser. Et lui non plus d'ailleurs n'a pas envie de se marier, il jettera au feu son alliance pendant la nuit de noce et il ira bringuer avec ses copains, tous des vieux pépés aujourd'hui.

Le jeune époux est fils de grande famille, les G., c'est de la crème : on demande à notre mère, issue d'une famille modeste pour ne pas dire autre chose de plus dégradant, de signer un contrat de mariage dans lequel elle ne réclamera rien, ni terres ni bien. Une femme qui est du genre à te balancer une bombe de flytox sur la tête quand tu l'embêtes, n'est pas du genre à réclamer ce qui ne lui appartient pas, alors ça n'a pas été un problème de signer ce contrat de mariage.

Et c'est comme ça, qu'en 1965, alors que son deuxième enfant ne sait pas encore marcher, qu'elle quitte un domicile de violence, d'ecchymoses, de cris et de larmes, avec deux marmots sur les bras, et une valise, pour se réfugier dans la maison de sa mère, qui voulait, à son tour, tout commander de sa vie. Ni une ni deux, le jour suivant son divorce, notre mère sort en boîte, elle ramasse un légionnaire qui se faisait passer pour un Allemand et qui zieutait sa copine. Ni une ni deux, elle envoie les faire part de mariage avant de prévenir le principal intéressé: mon père. Et c'est comme ça qu'elle s'est libérée d'un premier mari qui ne s'est aperçu de son absence qu'une semaine après son départ, et qu'elle s'est libérée d'une mère qui voulait tout commander dans sa vie.

Aujourd'hui, ce premier homme dit que c'est elle, qu'il a toujours aimé. Ben oui, c'est toujours comme ça. On fait du mal et puis on aime. Il s'est bien occupé de moi quand j'avais besoin de lui, il est aux petits soins avec ses mo'otua.  

Notre mère avait bien grossi après toutes ces épreuves, et sur le scooter avec mon père, qui était alors un petit gringalet, ils ont failli se péter la figure plusieurs fois dans les virages, et chez nous, à Tahiti, il y a beaucoup de virages.

Son premier mari, elle n'en dit jamais de mal, pourtant il l'avait frappée plusieurs fois, dans le ventre et au visage, et elle l'avait assommé net avec une bombe flytox. Le voyant évanoui, par terre, avec un petit peu de sang sur le front, notre mère avait ameuté les proches et le mari avait émergé en voyant autour de lui tous ces visages consternés. Il y avait plein d'étoiles et voir le visage de notre mère tout dépité et coupable, l'avait fait rire. Ben c'est tant mieux.

Notre mère était du genre à ne pas nous laisser dormir le dimanche matin. A huit heures, elle passait l'aspirateur pour faire du bruit, en cognant dans nos portes. La semaine, elle criait fort le matin "DEBOUT!" et comme je n'avais pas envie qu'elle répète, je me forçais à me lever, encore dans un état comateux, j'étais fiu avant d'avoir commencé ma journée.

Notre mère était du genre à balancer toutes nos affaires à la fenêtre, si notre chambre n'était pas en ordre, le genre à proposer du jambon de porc à manger à mes copains musulmans, notre mère était du genre à m'acheter des pantalons à rayures, même si j'avais déjà des grosses fesses à l'âge de quinze ans. Elle était comme ça.

Notre mère aimait faire la bringue, et elle avait transformé, avec mon père, le grenier en "Tahiti bar", lieu d'enivrement et de danse tamure et j'en passe, où les invités, supplice extrême, devaient veiller à ne pas rater la marche dans les escaliers pour retrouver leur matelas ou le carrelage, selon l'état d'ébriété dans lequel ils étaient.

Notre mère est devenue fonctionnaire en faisant une addition. Elle est entrée dans le bureau du chef, qui lui a sorti une addition à faire de tête de plus de vingt lignes, et c'est comme ça qu'elle est devenue fonctionnaire.

Notre mère a un accent pour les Français et au travail, elle s'est faite plusieurs fois traitée "d'étrangère, voleuse du pain des Français"  au téléphone seulement; parce que c'est toujours plus facile d'insulter les gens au téléphone. Et puis, elle se mettait à pleurer à chaque fois qu'il y avait un reportage sur Tahiti à la télé et je pleurais avec elle sans comprendre pourquoi. Ah regarde c'est mea ma, et mea ma! ah mon pays, je suis triste! je suis si triste! bouhh! Et mon père qui disait: ça recommence encore? allons maman, ressaisis-toi! Et elle répondait en sanglots Tu peux pas comprendre! j'ai quitté mon pays pour toi! Pour venir vivre dans la grisaille!



Aujourd'hui, la femme à la bombe de Flytox, après 37 ans de vie dans son petit village de Mayenne, elle est devenue toute blanche, et si elle n'avait pas la langue de ses ancêtres sur la bouche, on la prendrait facilement pour une Polonaise.

Elle m'appelle ce matin pour me dire qu'elle a des maux d'estomac. La cause de ce stress, c'est l'anti virus Norton, qui a affiché une boite de dialogue sur son ordinateur: Si vous voulez protéger votre ordinateur, il faut acheter l'anti virus Norton, le meilleur des antivirus.


Et blah blah blah, tu te rends compte ma fille, j'en ai parlé à mes copines, je n'en dors plus, qu'est-ce que je dois faire? je ne pouvais plus attendre, j'ai appelé ton cousin Dom', qui devait m'installer l'antivirus Avast, mais Dom' ne pouvait pas venir tout de suite, et blah blah blah, alors j'ai vu monsieur X qui m'a dit "Madame Richard je peux vous arranger ça" et blah blah blah, et alors maintenant je suis embêtée parce qu'il a fallu deux heures pour enlever l'antivirus Norton.J'en suis malade, tu te rends compte..

Et pendant qu'elle me parle au téléphone, je vais aux toilettes le vini à la main; assise sur le trône de l'humanité, concentrée sur l'anxiété maternelle du 21ème siècle, c'est à dire, l'antivirus Norton, éventuelle cause d'un éventuel ulcère:

- attends là, tu te rends malade pour un antivirus? attends là, qu'est ce que tu me fais maman? Arrête un peu, l'autre jour tu étais dans tous tes états parce que tu n'avais plus de son, mais c'est parce que tu avais cliqué sur "silence", alors bon, quand même, et t'as fait déplacé cousin à cause de ça!... c'est pas ça la vie, y' a pire quand même! tu te rends malade pour un ordinateur...
 

Elle continue sans m'entendre bien sûr, parce que, quand c'est moi qui parle, elle n'écoute pas, mais quand c'est mon frère, elle écoute. Quand c'est moi, elle parle et j'écoute. Elle écoute seulement si ma voix atteint des aigus exceptionnels. C'est notre mère.

-Ton cousin Dom' m'a dit "Mais enfin tatie, tu aurais dû m'attendre avant de toucher à ton ordi!" blah blah blah,

je tire la chasse d'eau, elle entend mais ça ne l'arrête pas, et

blah blah blah
.

- à part ça, tout va bien? Oui, ça va.

- Ok alors, nana!

Quand je pense que ma mère était le genre de femme à te balancer une bombe de flytox sur la tête si tu l'embêtais, et qu'aujourd'hui elle ne dort plus pour un antivirus qui fait c... tout le monde et à cause duquel on ne peut plus chatter sur msn... et que madame a peur d'allumer son ordi.

Il est loin de temps des années soixante dix, de la pilule, du scooter, des féministes et de la bombe de flytox balancée sur la tête du mari embêtant,
hein maman?

Allez, pour me faire pardonner, maman chérie, écoute ça (il faut cliquer sur "écoute ça"), et si tu braves ton angoisse de l'antivirus, tu pourras entendre les voix de ton pays....




Par Ariirau - Publié dans : la tribu
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