le goût du jour

Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 04:16
C'est par le trou de la serrure que se dévoile une existence. Ma brosse à dent se colle à la tienne, ça manque d'hygiène. Trois brosses à dent sont dans le verre pourtant on vit à deux. Celle qui est dans son coin, est aussi la mienne, celle d'avant toi, que je n'ai pas balancée, je me demande bien pourquoi. Sans doute par masochisme, j'ai besoin de conserver des objets de ma vie de célibataire, je ne suis pas psy, je ferais mieux de me taire.

Tous les écrivains regardent par le trou de la serrure. Certains observent sans envier et d'autres vivent pour ensuite mieux raconter. Je ne suis pas du genre à regarder par les trous des serrures. J'aime expérimenter pour être plus sincère dans l'écriture. De ce côté ci, la vie m'a gentiment comblée, de solitude, d'incompréhensions, et de méchancetés. Mais aussi de plaisirs et de gentillesse. Je n'ai pas vraiment eu besoin de regarder par le trou de la serrure.

Pourtant, c'est par le trou de la serrure que se dévoilent délicieusement nos existences. Je me pose la question de savoir s'il existe des anges qui se promènent dans les coins de notre atmosphère. S'ils nous épient, s'ils partagent nos fous rires et nos peines. S'ils est possible de s'émouvoir, sans tout voir, par le trou d'une serrure.



Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 23:49

La boîte s'ouvre et à ce moment précis, des parfums de noix, de cacao, de liqueurs sucrées s'évaporent.


C'est une petite boite de Pandore emplie de contradictions, originale et banale, presque vulgaire dans son commun du commun, accessible à tous les communs des mortels, et dont l'ouverture et le toucher lui sont fatals.

Elle se réclame du Droit à l'Overdose mais à peine a-t-elle pensé le moment de tendresse qui se fond dans la bouche, que les enfants et les autres plus grands, se précipitent sur la boite, tous ces doigts mis je ne sais où, tatant je ne sais quoi, qui tripotent les masses fantaisistes de la pâte exquise, qui les fourrent dans cette cavité gloutonne qui ne distingue pas le plaisir d'un chocolat trop sucré de celui plus corsé. Elle pense à l'ingratitude envers le plaisir, ce plaisir loin des hommes, qui n'engage que soi et sa bouche et son corps, le chocolat. Elle réclame un droit à l'Overdose.

La boite est métisse, de toutes les couleurs. Délices placés sur la table recouverte d'une nappe en plastique, ils embaument son âme de gourmande, de toutes les saveurs. Le rectangulaire est feuilleté de fines pralines caramélisées et la perle ronde est noire rappelle une pureté corsée. Et le triangulaire, oui, le triangulaire… Avec la langue molle et lisse, elle écrase le chocolat au palais. Et cette pression lui procure une petite jouissance qui lui fait cligner la paupière gauche.

 

Ceux qui sont recouverts d'un papier d'or sont un peu comme la vie: énigmatiques, ils sont surprenants ou banals. C'est le bonheur, puisqu'ils sont au lait et que sous leurs coquilles un torrent de douceur fondra dans la gorge. Elle réclame un droit à l'Overdose et son foie ne s'en plaint pas. Il semble au contraire se satisfaire de l'invasion de magnésium, de sucre et de noisettes.

Les gloutons se servent, ils croquent et pilent ces petits bonheurs, sans se soucier de tout leur parcour, et tout se déguste à vitesse, ils vaquent ensuite à leurs occupations, mais elle, elle reste assise, déterminée à savourer des illusions.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /Déc /2008 01:26



Dès qu'elle me voit arriver, à côté de son grillage, elle file tel un raptosaure, plus légère qu'un brin de miri. Son cou de poule serpente avec la souplesse d'un drap au vent, et ses yeux de poupée sont si fixes qu'ils semblent inanimés. Ma poule, lorsqu'elle me voit arriver, sautille tout en oblique, avec une certaine légèreté. La terre est relativement plate et rien n'entrave son chemin.



























Elle est photogénique.

Once upon a time, a chicken in Papara, rushed towards my camera.  I just like the colors of its red feathers, colors dancing in the green grass under palm trees and breadfruit trees, in the courtyard, in Papara.

Cot cot cot in Papara, j'aime la nature et tout ce qui s'en suit.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 00:48

 

 

 

Dans la joie et dans la douleur, dans la galère et dans la splendeur, dans les colères et les câlins, dans la fidélité et le conflit, Feri Tane.

 

 

 

Dans la pudeur et la nudité, dans l'amour de notre pays et de ses étrangetés, jusqu'au mafatu boum boum au coeur de la montagne, Feri Tane.

 

 

 

 

Dans la fécondité et la sécheresse, sous le soleil ou sous la lune, au creux d'une vague ou sur ta paume, dans la froideur ou l'allégresse, sous un arbre ou sur du sable, Feri Tane.

 

 

 

Dans le respect et le défi, dans la Foi et dans l'envie, à tes côtés quoi qu'il arrive, Feri Tane.

 

 

 

De Rome à Kauehi, brassages de siècles, brassages de sang, amours d'enfants, Feri Tane.

 

 

 

 

Et si tes semences ne portent pas de fruits, nous féconderons de la paix et de l'amour jusqu'aux étoiles, toi et ton bison, moi et mon Kit Kat, nous regarderons les chérubins se baigner, dans les rivières de notre pays.

 

 

 

Par la racine jusqu'au bourgeon, enfants de Dieu enfants d'ici, dans la richesse ou la pauvreté, tout ira bien, Feri Tane. Tout ira bien.

 

 

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 03:15

L'ombre de Hoatua se tient droite dans le coeur de sa mère

et rien aujourd'hui ne peut l'en dégager.

 

Ni le soleil ni ses rayons les plus clairs,

ne pourront effacer l'ombre de Hoatua

dans le bleu.

L'ombre de Hoatua est silencieuse comme l'enfant,

Elle s'étend jusqu'au bout de nos êtres,

et nul d'entre vous ne devra la piétiner.

Puisque,

Hoatua est né jeune Roi silencieux.

 

L'ombre de Hoatua se tient droite dans le coeur de sa mère

et rien jamais ne pourra l'en dégager.

Elle porte avec lui, le courage de ses frères,

que nous ne pouvons qu'admirer.

 

Ainsi l'ombre d'un enfant en rappelle d'autres

ne la piétinons pas.

 

Elle s'étend jusqu'au bout de nos êtres,

ainsi est né Hoatua, un humble Roi.

 

 

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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