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lettres

Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 17:59

Le fils d'Aroatua Richmond et de Georges Poroi,
petit fils d'Adolphe Poroi et de Orimai Teioatua Henry,
frère de mon arrière grand mère Lucie Poroi,
oncle de ma grand mère Léa Poroi,
grand oncle de ma mère,
époux de Nina et
père de Ben, Andréa et Lena,
grand père de Nohorai, de Vai...
et notre tonton Benjamin, dit "Tamin" pour ses amis.

Tonton Benjamin nous a quitté le 6 décembre 2008 au soir à l'âge de 77 ans. Il vivait à Faa'a.

Benjamin POROI est le dernier de nos anciens POROI.

Le fils d'Aroatua avait un coeur, une force et une constance dans sa gentillesse que je ne trouverai plus jamais ailleurs.
Avec son envol, s'affine encore plus le seul lien d'affection qui nous liait, ma mère, moi et mes frères, au clan des Poroi. Je n'en connais pas un, de cette famille qui puisse remplacer le grand Benjamin, si ce n'est son propre fils.

Nous savons qu'il est en paix, qu'il était aimé ici, et qu'il sera aimé là-bas.

Cinq minutes à partager avec toi, dans les bras du Seigneur :

Iaora i te Farerei





Par Ariirau - Publié dans : lettres
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Lundi 1 décembre 2008 1 01 /12 /Déc /2008 00:21


Ne te laisse pas aller, dehors, il fait froid, mais dedans, le coeur de ta fille est tout chaud.
Ta vie est une source qui glisse sous ma peau, prends soin de toi. N'oublie pas que je t'aime.


Laisse le radeau s'éloigner, n'essaie pas de le rejoindre, lève-toi de ton lit et ne pense plus à lui, comme tu le fais, là maintenant. C'est fini papa, ton p'tit frère n'est plus là. Ne te laisse pas aller, ne te laisse pas partir, lève-toi de ton lit et ouvre la fenêtre. Dehors il fait froid et l'air est glacé, mais dans ton coeur à toi, il fait encore chaud.

 

Enfile tes pantoufles et traîne les pieds jusque dans la cuisine, assied-toi comme le Chef que tu es, et laisse-toi servir ton café. Et regarde la fenêtre, il fait encore nuit dehors. C'est l'hiver et tout est gelé, mais papa, te laisse pas aller. Laisse le radeau s'éloigner.

 

c'était à Noel, tout en haut de la rue de la Senelle.

Et pour cette fête, une orange fut offerte à chacun de vous.

Une belle orange à la peau épaisse et aux quartiers juteux.

Une orange chacun, pour noel, dans cette maison deux pièces,

en haut de la rue de la Senelle.

Sept oranges, une chacun.

Vous avez décidé de ne pas les manger.

Vous avez déposé les oranges sur la poutre de la cheminée, et toi, tu as regardé la tienne avec les yeux de la bouche.Tu avais faim.

En grandissant près de toi, je n'ai jamais manqué de rien,

n'oublie pas que je t'aime.

Merci mon père, prends soin de toi.

 

Dimanche, tu iras chez Juliette, tu n'iras pas tout seul. Il sera là dans ton dos, à te regarder boire ta bière, il sera avec toi, tu sais bien comme il est, ton p'tit frère.

   

 

Vous êtiez toujours collés l'un à l'autre. Il a fallu même que tu fasses construire ta maison non loin de chez lui, tellement tu l'aimais, ton ptit frère. De coups durs en coups de coeurs, vous avez toujours été accrochés,

et même aujourd'hui, il est à tes côtés.

Papa, laisse son radeau s'éloigner et n'oublie pas que je t'aime.

 

De la gomina dans les cheveux, un paquet de Gauloises bleues sans filtres dans la poche.

C'est toi mon père, qui marche avec lui,

sur le trottoir du pont de Laval.


Dehors il fait froid, mais dans le coeur de ta fille, il fait encore chaud,

parce que tu es là.  




Par Ariirau - Publié dans : lettres
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 00:25


C'est l'éphémère.
Un lampadaire, plus haut que l'arbre,
En arrière plan, l'astre lumineux,
plus bas que le rose, le mauve,
et le noir reste éphémère. J'ai tiré le rideau blanc.


Il est ainsi, pour un instant, dans l'éphémère, avant de vivre le crépitement du feu sans fin.

Il veut être cendre, plutôt que chair, c'est l'éphémère qui porte son seing. Ainsi est-il né, a-t-il vécu, ainsi il est mort, sans être enterré.
Il veut que ses cendres s'imprègnent de l'air et s'étouffent sans comprendre, au creux de nos mains.


Le cancer a gagné son combat sur la vie, et mon oncle, cette nuit, s'est éteint.


C'est l'éphémère.
Et le soleil s'est enfoui dans les bras de ton arbre.


Jamais je n'ai vu cet homme pleurer, jamais je ne l'ai entendu se plaindre.
Il avait de la rage à son coeur accrochée, et aucune tendresse que celle de ses petits enfants, n'aurait pu l'étreindre.
Jamais de gentils mots, toujours de la fatalité, beaucoup de fierté, jamais il n'avait mal, jamais je ne l'ai entendu se plaindre.


Le noir est éphémère, il ne marque que pour quelques heures les couleurs assemblées, il ne fait que passer, jusqu'à l'aube désirée. Il est mort endormi, sans souffrance.

Souviens-toi des oranges sur la cheminée, des sourires de tes filles, du regard de ton frère. Souviens-toi de tes frères, souviens-toi de ta femme.


Une vie bien remplie par le manque de la sienne, mon oncle s'est endormi, il est déjà trop loin pour que je lui confie ma peine.

Par Ariirau - Publié dans : lettres
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