Drôle d'Etat: Si vous avez pris du Médiator, vous serez indemnisé. Si vous avez servi à Moruroa, vous ne le serez pas.
Et dire que je pensais que l'Etat tirait sur la corde: Un fonds d'indemnisation immédiate aux formalités simples a été mis en place pour les "victimes du Médiator"; de l'autre côté, 127 dossiers d'indemnisation du nucléaire sur 129 ont été refusés par le Ministère de la Défense.
Que penser de cet Etat, qui s'émeut médiatiquement de ces personnes victimes d'un coupe-faim nuisible, pris pour perdre du poids, et qui ventile un profond mépris pour ces travailleurs polynésiens de Moruroa? Ils doivent mordre leur peine dans des procédures coûteuses et usantes, prouver qu'ils étaient à une période précise sur l'atoll de Moruroa, or, les archives de l'Etat sont bloquées et confidentielles.
Quelle immense déception que cette loi Morin. On préfère indemniser ces personnes qui étaient concernées par leur poids, aux autres qui ont participé à la construction d'une puissance mondiale dans les années 60. De l'écoeurement et une immense déception face à ce non sens, ce mépris.
Mon pays natal demeure cette maîtresse qu'on néglige mais qu'on n'a pas le courage de larguer.
Entre le radicalisme d'une Indépendance en laquelle je n'ai pas confiance, et l'autonomie carpette et passive, je cherche le juste milieu: ce qui provoquerait, au gouvernement central, un mouvement de conscience, qu'il existe bien chez les Polynésiens une mémoire et une émotion collective, et qu'il faut cesser de la mépriser avant qu'elle n'éclate comme l'a fait Aldebaran en 1966.









