Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 01:02

Drôle d'Etat: Si vous avez pris du Médiator, vous serez indemnisé. Si vous avez servi à Moruroa, vous ne le serez pas.

 

Et dire que je pensais que l'Etat tirait sur la corde: Un fonds d'indemnisation immédiate aux formalités simples a été mis en place pour les "victimes du Médiator"; de l'autre côté, 127 dossiers d'indemnisation du nucléaire sur 129 ont été refusés par le Ministère de la Défense.

 

Que penser de cet Etat, qui s'émeut médiatiquement de ces personnes victimes d'un coupe-faim nuisible, pris pour perdre du poids, et qui ventile un profond mépris pour ces travailleurs polynésiens de Moruroa? Ils doivent mordre leur peine dans des procédures coûteuses et usantes, prouver qu'ils étaient à une période précise sur l'atoll de Moruroa, or, les archives de l'Etat sont bloquées et confidentielles.

 

Quelle immense déception que cette loi Morin. On préfère indemniser ces personnes qui étaient concernées par leur poids, aux autres qui ont participé à la construction d'une puissance mondiale dans les années 60. De l'écoeurement et une immense déception face à ce non sens, ce mépris.

 

Mon pays natal demeure cette maîtresse qu'on néglige mais qu'on n'a pas le courage de larguer.

 

Entre le radicalisme d'une Indépendance en laquelle je n'ai pas confiance, et l'autonomie carpette et passive, je cherche le juste milieu: ce qui provoquerait, au gouvernement central, un mouvement de conscience, qu'il existe bien chez les Polynésiens une mémoire et une émotion collective, et qu'il faut cesser de la mépriser avant qu'elle n'éclate comme l'a fait Aldebaran en 1966.

Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 22:55

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Mizaru (l'aveugle), Kizaru (le sourd), Iwazaru (le muet), incarnent un précepte d'origine boudhiste, dont la plus ancienne représentation a été sculptée par le Japonais Hindari Jingoro au 17ème siècle.

 

Ces trois singes sont connus de par le monde, mais l'interprétation du précepte boudhiste diffère selon les personnes:

 

La 1ère, la plus simple: "Ne regarde pas, n'écoute pas, ne dis rien". Solution qui prône l'abstinence afin de ne pas déclencher de conflits entre les hommes. Précepte altruiste.

 

La 2nde est plus précise: "Ne regarde pas (en mal), n'écoute pas (ce qui se dit de mal), ne dis rien (de mal)". Soit, s'abstenir de propos ou d'analyses négatives afin, toujours de ne pas déclencher de conflits entre les hommes. On peut se demander, si ce précepte est un précepte sain, la critique de l'autre, ou de la chose, doit provoquer autant la remise en question de cet autre que sa propre remise en question; ce que l'on reproche à l'autre est souvent ce que l'on couve en soi. Cette seconde maxime ne prend pas seulement en compte la paix individuelle mais aussi considère la souffrance possible de l'autre face à la critique. Précepte altruiste.

 

La 3ème interprétation est celle qui dénonce: "Il y a ceux qui voient des choses et en parlent, mais n'écoutent pas ce que l'on leur dit, ceux qui ne voient rien, écoutent les autres et en parlent, ceux qui entendent et voient des choses, mais n'en parlent pas"; dans ces cas précis, le précepte met bien en relief l'état de conscience et de culpabilité: Savoir et ne rien dire, ne rien faire. Ainsi, le précepte pousse à l'action-la réaction et non pas à la passivité ou l'autocensure. Précepte altruiste.

 

Enfin la 4ème interprétation, également dénonciatrice, est celle de l'autocensure dans son sens le plus sombre: la lâcheté, le reniement des faits. Ne jamais se risquer à quoi que ce soit, ni prendre position sur quoi que ce soit. L'objectif étant: Ne pas se trouver en situation de trouble, ne pas s'impliquer envers son prochain. Dénonciation du danger de la lâcheté.

 

Trois artistes polynésiens &/ou locaux exposent à la Maison de la Culture à Papeete: Hell-ton John, E. Neagle & T. Drollet. Leurs productions évoquent des interprétations personnelles sur le parcours d'Omaï, 1er Tahitien embarqué par Bougainville et débarqué dans le monde des libertins et libertines du 18ème siècle et dont le texte de Diderot (Dialogue) s'inspira. Comment cet homme fut reçu, dans quelles conditions, comment interpréta-t-il ces Européens et Européennes, reste toutefois un mystère. Bougainville dans ces écrits prétendait le considérer comme un fils; le départ d'Omaï se fait dans les pleurs et le déchirement de sa mère et de ses proches; et c'est prévisible, la promesse de Bougainville de ramener Omaï à son pays ne sera pas tenue, puisqu'il mourra lors d'un voyage à l'île de la Réunion.

 

Réinventer la vie d'Omaï, la connaître, est une fiction. L'interpréter pour les artistes contemporains polynésiens, sera une émotion.

 

à découvrir à la maison de la Culture de Papeete.

 

 

 

 

Par Ariirau - Publié dans : Culture 2011
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 17:25

Dans nos blancs toutes les couleurs se fondent, mais jamais elles ne se renient. Je ne renierai pas ces racines, pour plaire aux ethnicistes, à ceux qui n'aiment pas les mélanges, à ceux pour qui le taioro sera toujours blanc, même s'il peut avoir le goût du coco, et qu'il a pu être préparé avec des mains brunes.

J'ai rêvé de mon pays quand j'étais loin. Des racines sortaient de mes gencives, écartaient mes dents. J'entendais le grincement de ces dents poussées par la force des racines. Au centre de mon front, la chair s'écartait en une fente au centre de laquelle des brins d'herbe verte poussaient à vitesse égale. Mon corps était pris par la terre. Alors je suis revenue ici. Je leur ai dit mon nom, ils ne m'ont pas crue.

J'ai rêvé de mon pays quand j'étais loin. J'étais une âme qui volait au dessus de plaines arides et couleurs ocres et brunes, le vent soufflait et berçait mon périple. Jusqu'au Pô où j'ai forcé la main et plongé jusqu'à essayer de sortir mon aîeule du Noir. Elle m'a appelée, alors je suis revenue ici. Je leur ai dit mon nom. Ils m'ont appelée par un autre prénom.

J'ai rêvé de mon pays. J'étais seule au milieu des Tupuna. Ils étaient une centaine assis en cercle autour de moi. J'ai cru apercevoir le visage d'une vieille femme et je me souviens encore d'elle. Ils étaient tous vêtus d'habits couleur terre, ils étaient tous vieux, aux cheveux gris, silencieux, assis, ils m'observaient. Le ciel était surpeuplé d'étoiles, venues nous observer. J'entendais une voix d'homme chanter, il chantait dans une langue incomprise mais ressentie, reconnue parmis des milliers d'autres. J'ai entendu le mot.

 

Ils ne disaient rien mais ils connaissaient mon nom.

 

Pour la première fois, j'étais en paix, chez moi. Sur ma terre.

 

Qui pourra m'arrêter en chemin? Sinon les ancêtres, eux seuls, qui ont tressé jusqu'à mon prénom et qui me laissent le choix d'écrire ma propre vie et celle des autres, aussi. Usée par la réalité du vivre, je ne rêve plus, mais il m'arrive de m'accrocher à ces rêves étranges qui ont fait l'effort certain de venir jusqu'à moi.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 00:49

 

 

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Pour acquérir cette toile, dirigez vous sur le site de l'artiste peintre, Sarahina: http://sarahina.over-blog.com/

Par Ariirau - Publié dans : Culture 2011
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 02:28

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Par Ariirau - Publié dans : Culture 2011
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