Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /Nov /2008 00:25


C'est l'éphémère.
Un lampadaire, plus haut que l'arbre,
En arrière plan, l'astre lumineux,
plus bas que le rose, le mauve,
et le noir reste éphémère. J'ai tiré le rideau blanc.


Il est ainsi, pour un instant, dans l'éphémère, avant de vivre le crépitement du feu sans fin.

Il veut être cendre, plutôt que chair, c'est l'éphémère qui porte son seing. Ainsi est-il né, a-t-il vécu, ainsi il est mort, sans être enterré.
Il veut que ses cendres s'imprègnent de l'air et s'étouffent sans comprendre, au creux de nos mains.


Le cancer a gagné son combat sur la vie, et mon oncle, cette nuit, s'est éteint.


C'est l'éphémère.
Et le soleil s'est enfoui dans les bras de ton arbre.


Jamais je n'ai vu cet homme pleurer, jamais je ne l'ai entendu se plaindre.
Il avait de la rage à son coeur accrochée, et aucune tendresse que celle de ses petits enfants, n'aurait pu l'étreindre.
Jamais de gentils mots, toujours de la fatalité, beaucoup de fierté, jamais il n'avait mal, jamais je ne l'ai entendu se plaindre.


Le noir est éphémère, il ne marque que pour quelques heures les couleurs assemblées, il ne fait que passer, jusqu'à l'aube désirée. Il est mort endormi, sans souffrance.

Souviens-toi des oranges sur la cheminée, des sourires de tes filles, du regard de ton frère. Souviens-toi de tes frères, souviens-toi de ta femme.


Une vie bien remplie par le manque de la sienne, mon oncle s'est endormi, il est déjà trop loin pour que je lui confie ma peine.

Par Ariirau - Publié dans : lettres
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