Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 23:49

La boîte s'ouvre et à ce moment précis, des parfums de noix, de cacao, de liqueurs sucrées s'évaporent.


C'est une petite boite de Pandore emplie de contradictions, originale et banale, presque vulgaire dans son commun du commun, accessible à tous les communs des mortels, et dont l'ouverture et le toucher lui sont fatals.

Elle se réclame du Droit à l'Overdose mais à peine a-t-elle pensé le moment de tendresse qui se fond dans la bouche, que les enfants et les autres plus grands, se précipitent sur la boite, tous ces doigts mis je ne sais où, tatant je ne sais quoi, qui tripotent les masses fantaisistes de la pâte exquise, qui les fourrent dans cette cavité gloutonne qui ne distingue pas le plaisir d'un chocolat trop sucré de celui plus corsé. Elle pense à l'ingratitude envers le plaisir, ce plaisir loin des hommes, qui n'engage que soi et sa bouche et son corps, le chocolat. Elle réclame un droit à l'Overdose.

La boite est métisse, de toutes les couleurs. Délices placés sur la table recouverte d'une nappe en plastique, ils embaument son âme de gourmande, de toutes les saveurs. Le rectangulaire est feuilleté de fines pralines caramélisées et la perle ronde est noire rappelle une pureté corsée. Et le triangulaire, oui, le triangulaire… Avec la langue molle et lisse, elle écrase le chocolat au palais. Et cette pression lui procure une petite jouissance qui lui fait cligner la paupière gauche.

 

Ceux qui sont recouverts d'un papier d'or sont un peu comme la vie: énigmatiques, ils sont surprenants ou banals. C'est le bonheur, puisqu'ils sont au lait et que sous leurs coquilles un torrent de douceur fondra dans la gorge. Elle réclame un droit à l'Overdose et son foie ne s'en plaint pas. Il semble au contraire se satisfaire de l'invasion de magnésium, de sucre et de noisettes.

Les gloutons se servent, ils croquent et pilent ces petits bonheurs, sans se soucier de tout leur parcour, et tout se déguste à vitesse, ils vaquent ensuite à leurs occupations, mais elle, elle reste assise, déterminée à savourer des illusions.

Par Ariirau - Publié dans : le goût du jour
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