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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 18:17

Le temps fait des vagues, il ne se compte pas en saisons, il existe en mouvements. Des cycles s'alternent, où je suis au creux de la vague, et j'ai du mal à faire surface, j'ai du mal à respirer, et ce creux me coupe du monde, sans que je puisse rien n'y faire. Les forces du temps compressent la matière, c'est un phénomène presque fatal, contre lequel je ne peux rien.

Et parfois, à force de patience, j'ai cette impression de remonter à la surface, le temps relâche de sa pression, ce qui m'entoure est à l'écoute, je découvre les connexions, je crois les autres, ils croient en moi, nous croyons en Dieu, en tout ce qui nous entoure, nos pensées créent la matière, en mots, en pierres, en gestes. Ces périodes où la vague me porte me paraissent si courtes et si intenses, que je ne me soucis de rien d'autre que de ce qui peut être accompli. Et je crée. Des embryons naissent, leurs âmes m'envahissent, me fortifient.

Le temps me porte en vague, il me donne espoir mais trop souvent il me détruit. Le travail fourni n'a pas de reconnaissance, je me retourne sur ma vie pour retrouver mes sens, mais c'est sans compter sur le creux de la vague, et mon pied se prend dans une de ces algues, longue, lisse, visqueuse. Alors j'attends que le temps fasse un mouvement, qu'il me libère enfin, pour que je puisse ouvrir les yeux, sans craindre les brûlures du sel, et que tu me tendes la main, que tu me couves sous ton aile. Seulement parfois et trop souvent, lorsque l'algue se délie, elle me vole sans raison l'embryon qui grandit.

I'm crossing uncertain times et le temps fait des vagues.


Par Ariirau - Publié dans : lettres
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