Partager l'article ! Soudain ressurgit la figure de l'ancêtre.: Cet homme long de tronc, court sur jambes, au visage ovale, et au large front, est un ancêtre, p ...
Ariirau...
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Cet homme long de tronc, court sur jambes, au visage ovale, et au large front, est
un ancêtre, probablement descendant lui même du Mayflower, dont les parents, grands parents et arrière grands parents ont contribué à la colonisation de l'Amérique du Nord, et à son
indépendance.
William Richmond fut malheureux en amour, comme le fut sans doute aussi Mary Clark, épouse malgré elle, et qui à la naissance du 19ème siècle, abandonnait ses
filles et son fils.
Un fils qui souffrait sans doute de la suspicion de bâtardise par son père, indice inconnu à notre histoire. Toujours est-il que Georges a fui lui aussi, qu'il a abandonné cette
Amérique, ce New Hampshire, juste à côté d'un New York sauvage et semi industriel, où l'on disait aux immigrants que leurs sorts et que tous leurs rêves ne dépendaient qu'eux.
Georges Richmond a fui quelque chose, un monde de montagnes et de plaines, vaste et encore sauvage, un monde où le noir et le blanc ne se mélangeaient pas, pour un autre monde, îlien celui-ci. Un atoll, minuscule grain de beauté sur la peau de l’océan pacifique. Georges Richmond, nous l’apprenons sur son acte de décès, est mort sur un bateau qui revenait des Etats Unis ; il serait retourné là bas, sur sa terre natale, pour se faire soigner, mais à son retour la mort lui a fauché la vie, c’était son heure. Un écrivain inconnu signe comme témoin l’acte de décès. Je me demande si Georges a pensé à son père durant toute sa vie à Kaukura, à sa mère aussi. Est-ce qu’il s’est confié à sa femme. Rien ne transpire de son histoire, rien n’est venu à nous.
Georges Richmond est le père de nombreux enfants : parmi eux, Aroatua qui aurait eu une sœur jumelle, et Benjamin, ancêtre de Teina Mareura, et encore d’autres personnes peuvent prétendre être de sa descendance.
Il y a les Richmond de Kaukura et les Richmond de Papeete. Ces derniers descendent d’un Richmond plus aisé, qui serait le cousin de Georges. De cette branche sont issus les Pambrun, donc Jean-Marc Tera’ituatini, le plus adepte de la matière est son frère Jean-Loup qui a son propre blog généalogique.
Donc, Aroatua a été confiée, avec son petit frère, à un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfants : Les Maire. Alors qu’elle n’était encore que jeune fille, elle voit son frère mourir sous ses yeux d’une crise d’épilepsie ; ces parents adoptifs ne supportent pas le chagrin et enterrent leur fils dans la cuisine, pour qu’il reste avec eux. Le père d’Aroatua, Georges Richmond, en colère va pour reprendre sa fille, puis il est touché par leur douleur, il comprend, il la laisse.
Je ne sais pas comment mon arrière arrière grand-mère a rencontré Georges Poroi.
Georges Poroi, fils d’Alfred Poroi et de Orimai Teioatua Henry.
Georges Poroi serait le deuxième en partant de la gauche.
Aroatua et Georges, vécurent tout deux à Tipaerui, ils ont donné naissance à Georges, Benjamin grand oncle tant aimé, Lucie.
Lucie n’a pas été très comblée en amour. Jeune, elle est tombée sous le charme d’un certain Alfonsi, dont je ne connais pas le prénom, mais dont le corps a été rapatrié en Corse. Nous avons un portrait peint de lui à la maison ; c’est un parfait inconnu qui, raconte-t-on chez nous, aimait sa fille, mais pas au point de la déclarer officiellement à la mairie. Donc Lucie a eu Léa Ida Hélène Poroi, avec M. Alfonsi, Corse.
Lucie a eu deux amours malheureuses. Elle est ensuite tombée sous le charme d’un Lehartel, mais là aussi, nous ne connaissons pas son prénom. De lui, elle a mis au monde deux fils, Christian et Octave qui travaille dans un restaurant connu de la place.
De Léa est née ma mère, dont le père Yves Hascoet était un infirmier breton, qui repose aujourd’hui au cimetière des pêcheurs avec sa seconde épouse, que j'adorais, Claire. Ma mère s’appelle Dorita Ida Teioatuatehoahoarai Hascoet. Elle a un frère, Hervé Hascoet, et une sœur Maite Hascoet qui a épousé un Butscher.
Léa Poroi-Hascoet n’est restée mariée qu’à peine deux ans ; elle n’aimait plus son Breton et sans doute que sa fille était trop blanche, toujours est-il qu’elle a confié ma mère, Dorita, à Aroatua Richmond-Poroi son arrière grand-mère, qui l’a élevée et a fait un travail remarquable, merci Seigneur.
En secondes noces, Léa Poroi a épousé Moni Teahu, homme affable que j’affectionnais beaucoup. Léa ne pouvant avoir d’enfants, a pris soin de faaamu une enfant bien brune, cette fois-ci, qui porte son prénom : Léa.
De ma mère sont nés trois enfants : D’un 1er mariage avec Joseph Galenon,
fils de Mme Coulon et du grand monsieur Galenon tant appréciés dans leur communauté de Tiarei à l’époque, sont nés mes deux frères Randall Tafaiatara et Serge Temahana.
A peine Serge savait-il marcher, que ma mère a épousé mon père, René Richard, fils de Lucien Richard et de Germaine Clayer, débarqué tout frais d’un contingent de légionnaires pour le CEP ; et me voici me voilà.
Et qui me prend dans ses bras à l’hôpital Jean-Prince à Pirae le jour de ma naissance ? Mon arrière arrière grand-mère, Aroatua Richmond-Poroi, encore bien vivante et en bonne santé, puisque de toute sa vie son alimentation ne consistait qu’à des fruits, uru, légumes, poisson, taro. J’ai été élevée avec mes deux frères utérins, nous sortons du même ventre, pour mon père, ce sont ses fils.
De son côté Joseph Galenon a eu trois autres enfants avec Georgina: Raimana, Teuira (dit Loulou, guitariste de Maruao) et Terauura.
De moi, est né Gabriel Tauatua René, dont le père se nomme Feri Vivi, né de Taurere VIVI et d’Alani Tave, originaires de Kauhei et d’Anaa. Le grand père (ou le père ?) de Taurere était un Chinois qui avait fui son pays, comme l’Américain Georges Richmond avait fui le sien. Sauf qu’à l’époque, les Chinois n’avaient droit à rien, et Kang Fu Li a décidé d’abandonner son nom de famille, de sacrifier son identité, pour s’assimiler entièrement au peuple de sa femme paumotu, du nom de VIVI.
Ainsi, ressurgissent les ancêtres dans le cœur des enfants pleins de gratitude, des enfants qui veulent fertiliser la terre avec les mémoires de celles et ceux sans qui ils ne seraient pas, aujourd’hui. Qu'ils reposent tous en paix pour que nous puissions mieux vivre.