articles impulsifs

Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /2009 01:12
























Photographie de Jérôme GALLECIER sur http://flickr.com/photos/gallecier/


Pensez à la douceur dans le regard humide de cet être, à son silence qui veut tant dire, aux battements de son cœur quand votre arrière grand père courait pieds nus sur la terre, et que sa mère se couvrait de ces immenses feuilles de Ape pour se protéger les jours de grandes pluies.

 

Te-ara-tau & Te-ara-ui ont vécu, vivent et vivront encore peut-être, pour avoir vu courir nos aïeux et entendre crier nos enfants.

 

Je n'aime pas concevoir la souffrance de ces êtres,

qui inspirent plus de respect qu'une seule âme de notre propre clan.

C'est au malheureux crépuscule d'un jour de mai de notre vilain siècle, que le pittbull ennuyé par autant de mépris, profita de l'oubli de ses maîtres pour pénétrer dans l'antre sacré de nos plus respectueux emblèmes et ancêtres, Tearatau et Tearaui.

Deux cents années de vie consacrées et 80 sur notre île accordées.
En 1809, ces tortues seraient nées, elles devraient mourir ici, ainsi, sans être jamais couronnées ?

Elles languissaient du silence des étoiles peut-être conscientes de ce siècle bestial, quand à l'extérieur du jardin d'ombres et de collections végétales,

de jeunes danseuses répétaient leurs mouvements au son du to'ere et

que le parking était animé de ces âmes insouciantes.

 

Le mâle Tearatau, de par sa morphologie, n'a-t-il pu se protéger qu'en cachant sa tête au creux de ses pattes, puisqu'il ne pouvait pas, comme la femelle, entrer sa tête dans la carapace. Survivre, mettre ses deux pattes en avant, membres mordus et presque déchiquetés par une chose du soir encore bien vivante. Une de ces choses qui fait du mal, et qui s'en va, intouchable, qui laisse derrière elle, avec satisfaction, le souvenir d'une douleur, d'une agression sans véritable raison.
 

Mais si le diable passait par là, à cette heure du crépuscule où certains, mais trop peu, d’entre nous, languissent le silence des étoiles, il n'était que de passage, il a glissé jusqu'à l'eau, jusqu'à Tearatau, qui devrait, dans nos regards, inspirer tant de respect, tant de compassion.

Voici notre roi Te ara tau, voici notre reine Te ara ui.

.... Que le goût de la papaye est sucré sur ta langue, que la carambole est bonne à manger. Tortues centenaires ne perdez pas le goût de la vie et puissiez-vous encore vous régaler de fruits et de ma’a pope.

(…"Il y a deux jours, on pensait devoir lui amputer une patte »…)

Deux jours après la malheureuse visite, la voix de Ahuura les a sorties de la boue, où elles s’étaient cachées, où elles avaient enfoui des restes de douleurs.

De la bouche de Ahuura soufflèrent des sons couleurs de paix, de tendresse et d'affection, la mélodie du mantra de la Déité de la Compassion. Om Mani Madme Hung, mélodie de ces matins tendres, chantée par une femme qui éprouve tant de compassion.

Les notes ont sauté dans l’air et plongé dans l’épaisseur d’une boue, pour rassurer les tortues bi centenaires,
pour les faire revenir jusqu’à vous.

Trois semaines que Ahuura n’a pas dormi, en pensant chaque jour à Te ara tau & Te ara ui.

Pensez à la douceur dans le regard humide de cet être, à son silence qui veut tant dire, aux battements de son cœur quand votre arrière grand père courait pieds nus sur la terre, et que sa mère se couvrait de ces immenses feuilles de « Ape »pour se protéger les jours de grandes pluies.

 

Te-ara-tau & Te-ara-ui ont vécu, vivent et vivront encore peut-être, pour avoir vu courir nos aïeux et entendre crier nos enfants.

 

Je n'aime pas concevoir la souffrance de ces êtres,

qui inspirent plus de respect qu'une seule âme de notre propre clan. C'est au son d'une mélodie que Te Ara Tau & Te Ara Ui ont oublié, un instant, toutes leurs douleurs.


Pour se réfugier dans la voix de Ahuura et en ressentir tant de compassion... 

 

Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 00:59


Photographie de l'essai Dioné, 5 juin 1971 @ http://www.point-zero-penelope.org/

La puissance totale des explosions atmosphériques faites en Polynésie française se situe entre 7 650 Kt pour l’estimation minimum et 10 807 Kt, soit entre 510 et 720 fois la bombe d’Hiroshima.

C’est partout en nos corps que résonne une mémoire sans raison, un souvenir de l’absurde, inexplicable, tellement il claironne notre naïveté et nos échecs. Nous sommes devenus aveugles en plein jour, et plus nous avançons dans le Noir de notre Histoire, plus nous y voyons un peu plus clair. Et le portrait que j’observe me déplait, il m’attriste. C’est une tristesse sans colère.

 

Pleurons 720 fois, 720 ans Hiroshima en notre pays et les brulures au goût de sel, sous notre sable, se sont enfouies. Les particules se disloquent et se culbutent, elles nous abîment et nous transforment. Autant d’obésité et de dépression, autant de violence auxquelles on ne trouve pas de vraies raisons.

 

Je demande pardon à mes ancêtres et j'implore le pardon à mes enfants. Le caractère et les coups, nous savons nous les infliger entre nous, mais lorsqu'il a fallu défendre notre terre, nous avons fait preuve de mollesse et de passivité. Aujourd'hui, il est bien trop tard pour se mettre en colère et pour tenir rancune.

Pleurons 720 fois Hiroshima en notre pays et demandons pardon à nos ancêtres.


Tout a commencé par un mensonge. Nous avons prétendu ne pas le savoir.

Le 29 juin 1880, le roi Pomare V signe un acte juridique avec la France qui stipule que «  l’on continue à laisser toutes les affaires relatives aux terres entre les mains des tribunaux indigènes » Outre le fait que ces tribunaux, « indigènes », jamais ils ne le seront, en 1964, les atolls de Mururoa, ‘atoll des secrets’ et Fangataufa, ainsi que quelques parcelles domaniales de Hao, sont perquisitionnées au nom du progrès et de la recherche.

 

L’opinion désabusée sera abusée et trompée, aujourd’hui, comme hier, mais surtout hier et en août 1962, un journal local annonce aux Polynésiens que « Trente milliards en quatre ans (seront investis par la France) et Mangareva deviendra un grand centre européen d’essai de fusées ; 30 000 techniciens français débarqueront… »

 

Il n’y a jamais eu de fusée Ariane en mon pays, et pourtant parfois, j’ai l’impression que je peux frôler les étoiles du bout de mes doigts. Il n’y a jamais eu, non plus, de techniciens, mais des soldats de la légion étrangère chargés du gros œuvre, et parmi eux, il y avait mon papa et mon papy. Deux cobayes parmi d’autres, l’un pâpa’a, l’autre paumotu, sans rien en commun que leur descendance.

 

Trente six essais, trente et un accidents répertoriés dont quelques morts suspectes. Et tous ces essais portent un nom, ils ont été baptisés. Pourtant je pensais que l’horreur n’avait pas de nom, je me trompais, c’est la douleur qui n’en porte pas. Je pleure 720 fois Hiroshima en mon si beau pays. Un pays qui reste pur quand sa chair est meurtrie.

 

Tout continuera par un mensonge. Nous avons fait semblant de ne pas l'entendre.

Et lorsqu’on leur dira de ne pas aller pêcher, ou de ne pas boire l’eau du coco, on saura que ces paroles sont masquées et qu’elles ne valent rien sur le cœur du Polynésien.

A la pêche, il ira, et l’eau du coco, il boira.

Et quand il partira de l’atoll, on gardera toutes les traces de son passage, son contrat de travail, ses bilans de santé, il repartira sans doute avec un peu d’argent dans la poche, mais dans le sang couleront quelques gouttes de larmes, de ce deuil imposé à plusieurs générations qui ont appris à vivre avec le mensonge.

 

Je voulais vous dire aussi, qu’en janvier 1966, un bébé de trois ans est mort à Hao ; un enfant de notre pays. Il était sur une barque avec son père, et la barque a heurté un de ces câbles inutiles, installé par un de ces 30 000 techniciens fantômes.

Aussi sans doute, je ne veux pas oublier Petero Teputahi, Bataro Toae, qui sont morts au cours d’un forage à Mururoa en septembre 1965.

Et puis il y a Acturus, qui porte le nom d’un personnage de BLANC CASSE, qui devait exploser sous un ballon mais qui trop pressé, a explosé au niveau de la mer.

 

Pleurer 720  fois Hiroshima en son pays. Il faudra nous pardonner d’être si faibles et pourtant si forts. Puisque ma grand-mère se vantait d’être d’une race d’orgueilleux et de guerriers, ainsi court le peuple à la perdition, chemin pavé par l’ignorance où nous sommes devenus des aveugles en plein jour. Où il n’y a que les rêves qui éclairent notre raison.

 

N’oublions pas Tydée, n’oublions pas Priam, dont les explosions ont fait s’effondrer les barrières récifales.

 

Tout continuera dans un mensonge. Nous ferons semblant de ne pas être complices.

Puisqu’on ne veut pas soigner, on ne veut pas reconnaître. Soigner c’est reconnaître, c’est admettre. Un laboratoire de recherche sur le cancer en Polynésie ? Mais pourquoi faire ? Et Mururoa et Fangataufa sont toujours nos enfants mais ils ne nous appartiennent toujours pas.

 

Pleurons 720 fois Hiroshima en notre pays et les visages restent secs, si vous cherchez nos pleurs, observez en silence notre pays. Une étendue de gouttes lacrymales a débordé de la surface de nos îles et de nos atolls. Si vous pensiez que c’était l’océan, vous vous trompiez. Des millions de kilomètres carrés de bleu et de sel  sous l’azur éternel sont ici pour vous rappeler que rien ne creuse le visage d'un peuple, qui vit au milieu des larmes de son passé, sans le savoir. 

Tristesse s'agrippe à nous, 720 fois Hiroshima en notre si beau pays.

 

 

 



Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /2008 00:08

Profites-en cOOkies chien-banane, profites-en,

tu as vu ta voisine, dans quel état elle est?

Elle traîne sous son ventre la galle, des enflures embusquées

sur toute sa peau maltraitée, la famine l'a minée.

Alors profites-en bien uri-banane, tu as vu les aut'chiens du quartier?

Ils boitent, ils clopinent, et ils pleurent, à longueur de journée.

 

Quand tu seras vieux, on ne fera même plus attention à toi.

Le sort de Yuki t'es même réservé.

Un coup de pelle, et ouste, planqué sous les graviers.

 

Et l'autre chien, tu l'as bien regardé, Cookie?

Dans un cube, à une chaîne attaché,

il crève de soif, et tellement déshydraté qu'il n'arrive même plus à aboyer.

Alors oui oui, profites en bien,

Cookie, chien-banane.

 

 

 

 

 

Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 23:40

 

Quand je paresse, je suis comme mon chat, je m'en fous des autres, mais pas du monde.


 

La paresse, c'est productif. The fiu attitude a été l'objet d'un siècle de production littéraire en Occident: le spleen.

 

 

 

Socrate en a parlé, Chateaubriand en a parlé, Baudelaire l'a disséqué, et mon chat l'a testé.

 

 

 

Quand je paresse, les turbines fonctionnent et le moteur roule, la terre continue de tourner sur le même axe oblique, en attendant la prophétie qui annonce 

qu'elle se déplacera de 35°,

que le monde s'engouffrera dans le noir et que les hommes crieront "au loup!",

 

mais je suis comme mon chat, mimi  named Dude, je m'en fous des autres, et un petit peu du monde..

La paresse, elle s'immobilise avec complaisance au centre du bruit de la terre,

de ses gargouillements de stratosphères, de lithosphères, jusqu'à l'enfer.

Les fourmis travaillent et les hippocampes vaporisent leurs œufs,

 

mais je suis comme mon chat, mimi tout blanc named Dude, je m'en fous des autres, et un petit peu du monde.

La paresse, elle s'exprime comme une rebelle dévoilée, elle fait sa fête à Zorro et à tous ceux qui sont masqués, parce qu'elle ne porte pas de masque,

juste un manque de volonté,

mais moi je suis comme mon chat, Brooklyn mimi named Dude, je m'en fous des autres et un tout petit peu du monde.

La paresse est là, elle se fait désirer, et nous trimons pour pouvoir manger, quand lui n'a qu'à miauler to get his croquettes. Quand vient l'heure du repos, tout en fin de journée, la paresse nous flanque sa bouille fatiguée.

La paresse, ce n'est pas un vice, elle est productive de tout plein de réflexions qui tournent en rond autour des orteils, bien écarquillés. Quand le monde agresse, que la violence me brise, que la tristesse m'attise. Je m'allonge comme lui, en face de rien, jusqu'à ce que tout aille bien.

Quand je paresse, je suis comme mon American mimi named Dude, je m'en fous des autres, un petit peu du monde.

 

Jamais pour très longtemps, pourtant.



Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 01:25

Il était près de neuf heures moins le quart, je ne sais plus très bien. C'était un mercredi matin, ça je m'en souviens.

J'avais un cours sur le cinéma, donné par le professeur Affron. Je venais à peine de débarquer à New York, nous venions d'emménager dans un appartement de Bayridge, tout au sud de Brooklyn. Je ne m'étais pas encore habitué au bruit de New York, de son métro, de ses bus, de ses taxis.

Je n'étais pas encore habituée à ces longues heures de transports, ces changements de train, du R au N, au M, du L au 3... je n'étais pas encore habituée aux odeurs de la rue.

J'avais l'impression de passer mon temps à sortir et rentrer, sortir de chez moi, entrer dans le métro, sortir du métro, entrer dans l'immeuble, sortir de l'immeuble, entrer dans la bibliothèque, sortir de la bibliothèque, pour entrer dans le métro, sortir du métro, pour rentrer chez moi.

Et le temps passait vite. Jusqu'à ce mercredi matin.

J'étais en retard, et je marchais rapidement, jusqu'à la 75ème rue. A l'entrée de la bouche de métro, deux ou trois personnes, ou quatre, étaient là, les regards plongés dans le bitume, leurs vinis sur les oreilles. Mais je n'ai pas fait attention, j'ai descendu les marches quatre à quatre. Et là il y avait un homme en uniforme. Mais je n'ai pas fait attention, non plus, et lorsque le passage était bloqué, je me suis retournée vers la guichetière.

"- Ma'am, what's wrong?
- I don't know what's wrong! they bombed us! they bombed us!
- What? Who?"

Et comme elle répétait la même chose, sans vraiment m'entendre, l'homme en uniforme, le visage défait m'a répondu:
"- You can't go anywhere, all the subways stations are closed, just go back home."

J'ai remonté les escaliers et dehors, l'air était frais. C'était un air de septembre, quand l'automne pointe son nez, que les arbres portent encore leurs feuilles, que la fraîcheur nous caresse le visage et qu'on garde nos mains bien au chaud dans les poches.

La rue était vide. Les immeubles autour de moi étaient si hauts et le ciel était si clair, il n'y avait personne dans la rue. J'ai tourné à gauche et comme à mon habitude, tout en marchant je regardais par terre. Et puis là, soudainement, des groupes de gens, au vini sur l'oreille, la tête en l'air, une femme criait que non, non, ce n'était pas vrai. Elle disait que non, ce n'était pas vrai.

J'ai pris mon téléphone, j'ai essayé de joindre Jim, pas de ligne. Aucun contact. Et puis j'ai levé la tête. Un énorme nuage de poussière se gonflait dans le bleu. J'ai suivi sa trace, il venait de l'autre côté, il venait de Manhattan. Alors j'ai accéléré le pas, jusqu'à l'appartement. Nous vivions au dessus d'un magasin ACE, tenu par des frères juifs, et juste à côté, au coin, une petite épicerie, tenue par des Arabes musulmans.

Dès que je suis entrée, j'ai allumé la télévision. Et j'ai vu.
Jim est arrivé peu de temps après moi. Et nous avons regardé, ensemble, le deuxième avion...

Je ne pense jamais à ces images,  qu'on nous a repassées, pendant des semaines et des mois. Non, je pense au reste. Je pense à ce qui serait arrivé, si pour une fois, je n'avais pas été en retard. Je pense à ce qui serait arrivé à Stéphane, mon ami, s'il avait accepté son entretien à cet endroit même. Je pense à ce qui serait arrivé, si j'avais décidé d'aller flâner dans le sud de Manhattan avant ce cours. Je pense à tout ce qui est arrivé, après.

Et comme si je n'avais pas réalisé ce qui s'était vraiment passé, j'ai envoyé un courriel au professeur, pour m'excuser de mon absence. Jim et moi, nous voulions partir au Canada et puis, nous avions pensé que les routes seraient encombrées et qu'il valait mieux rester.

Après ce jour là, il m'a semblé que toute la masse humaine, ces près de sept millions de personnes dont je faisais partie, ne faisait qu'un seul être. Une âme meurtrie, souffrante, endeuillée et rancunière. Je me souviens que lorsque je suis allée chez l'Arabe du coin, l'épicerie était vide de gens, et il me regardait comme pour me dire merci d'être venue, nous nous sommes compris dans un regard.

Lui, ça faisait bien plus longtemps que moi qu'il vivait à Bayridge. Mais le veto sur son épicerie n'a pas duré longtemps. Il y avait des rubans jaunes sur les arbres, tout le long des rues. Des drapeaux en bernes, dans chaque allée.

Le matin, lorsque je courais jusqu'au Verrazano bridge, et lorsque je remontais vers la 59ème rue, un, deux, trois, des milliers de rubans jaunes défilaient sur mon passage. Et des drapeaux en bernes, dans chaque allée.

Sept ans plus tard, je n'aime toujours pas regarder ces images, je n'aime pas y penser, je parle de ces autres images, celles du mercredi matin, le 11 septembre.

Thousands of yellow ribbons in my neighborhood, Bayridge, Brooklyn. Et le souvenir de ces gens de mon quartier. Assia Djebar a dit simplement, que les chiens et les chats peuvent s'entendre, s'ils ont été élevés ensemble. Une souffrance commune et incomprise peut-elle souder deux cultures, et la mort soudaine et lente à la fois, de milliers de personnes, ne devrait-elle pas exiger de l'intelligence humaine de savoir vivre ensemble.

Et le souvenir des gens de mon quartier, des rubans jaunes, de cet air de septembre un mercredi matin. Je ne l'oublierai pas.


Par Ariirau - Publié dans : articles impulsifs
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