Je vous aime moi non plus

Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 01:00


null La photographe Jill Greenberg (www.manipulator.com) se démarque de ses contemporains en pratiquant sans pudeur un art poignard-poignant. Elle fait fi de nos concepts moraux en manipulant l'innocence: tiens une sucette, et puis non, je la reprends! click elle prend la photo.

O
n peut nommer ce type de travail de tous les noms possibles, le but est atteint: provocation d'une émotion chez l'humain pris en photo et celui qui regarde: souvent de l'indignation, de la compassion ou de l'incompréhension, parfois, de l'extase. Lorsque j'ai vu ces clichés, j'ai ressenti un pincement au coeur, une très grande tristesse, elles m'ont ramenées à des moments de souffrances de ma vie d'adulte. J'avais envie de serrer l'enfant dans mes bras pour qu'il ne pleure plus, j'avais envie de la consoler. La vue de ces photographies m'a hypnotisée- sensibilisée autant plus au titre: "la fin du monde".

C'est la fin du monde, quand on perd tout ce qu'on a, de plus cher; c'est la fin du monde devant l'injustice qui n'épargne pas les innocents. C'est la fin du monde devant l'insensibilité et le sadisme de cette nouvelle ère. La misère humaine n'est plus physique, elle est entière.

Le narcissisme pervers est très répandu sur la toile du Net: idéale, cette zone permet aux déglingués du citron de manipuler les réactions d'une personne, s'adonner au lynchage anonyme, de faire du mensonge une vérité générale, parfois jusqu'au harcèlement et bien souvent, sans suites. Alors, dans un monde où l'on peut faire du mal en passant inaperçu, on se la coule pénard après avoir sali des noms, des images, des personnes, il y a de quoi pleurer toutes les larmes de son corps.

Il y a de quoi pleurer toutes les larmes de son corps dans un monde où la justice ne vaut pas grand chose et dépend des vents influents qui la couvent. Il y a de quoi pleurer toutes les larmes de son corps dans un monde où l'on retire les sucettes de la bouche des petits pour prendre en photo leur plus beau sourire.

Comme me l'a fait remarquer une internaute: il n'y a rien de très sain à faire souffrir des enfants pour de l'art. En effet.

Pourtant, si l'art de Greenberg est condamnable, alors tout aujourd'hui est condamnable: mais rien ne sert de condamner, puisqu'il existe deux catégories d'êtres humains: les victimes et les bourreaux. Le marxisme, les classes sociales, les politiques de droite ou de gauche, les religions, tout se réduit à une bi polarité du bien et du mal: condamner, être outré, rire devant la souffrance, tout ça ne rétablira jamais les choses.

Et c'est sans doute parce que l'homme sait que la justice institutionnelle n'existe pas et qu'elle est doublement coûteuse aux victimes qui sont victimes deux fois, une fois parcequ'on leur a fait du mal, une deuxième fois parce qu'on juge que ce mal n'existe pas, que les institutions sont défaillantes, à l'image même de l'humanité, c'est ainsi que l'homme se retourne vers un Idéal inébranlable: Dieu.

A l'heure de votre mort, tous ceux qui vous ont blessés, calomniés, frappés, insultés, tous ceux qui auront fait condamner des innocents par des faux témoignages et ceux qui ont fait comme s'ils ne savaient pas, ceux qui auront battu leurs gosses, vendu de la drogue aux vôtres, ceux qui auront envoyé votre papa à la guerre en buvant du thé dans de la porcelaine de Chine, détruit l'histoire d'un peuple, tous ceux qui auront semé de la haine et subtilisé de l'amour, auront des comptes à régler avec Dieu. Il faudra seulement attendre la fin du monde, votre dernier souffle et porter votre rancoeur sous la petite bosse de votre cou, si vous n'avez pas la force du pardon en vous :

Franchement, il y a de quoi pleurer toutes les larmes de son corps.
 
Merci Greenberg.

 

Par Ariirau - Publié dans : Je vous aime moi non plus
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 22:03

l'arbre sec se tient toujours debout et persiste à vivre en projetant son ombre, quand sa mort a été signée par le feu ou la maladie. 

L'arbre sec est peut-être mort, sans doute n'existe t-il plus, pour la société des Hommes, mais il persiste à se tenir debout et droit, toujours aussi droit, dans mon jardin.

Il était d'apparance lugubre, inutile et sans fleurs ni feuilles, je voulais le déraciner.

Mais il s'est tenu là devant moi, projetant son ombre :

Peut-être que je n'existe pas pour la société des hommes, mais mon ombre est là et tu ne peux pas le nier; ce n'est pas parce que je suis mort, sec et vide, ce n'est pas parce que le destin m'a tout pris, qu'il a sucé ma sève et mon esprit, le jus de ma force et flétri mes feuilles et mes racines, que je n'existe pas. Sois douce et sensible, apprends à aimer ce qui, d'apparence, n'a rien à donner.


L'arbre sec a toute sa place dans la société des Hommes: les oiseaux se perchent sur ses branches et continuent à chanter, et dans l'ombre de son tronc sec et sans âme, parfois la chatte grise va s'allonger.

Cette ombre qu'il projète ressemble à des racines qui viennent soulager quelques brins d'herbes fatigués, du soleil.

Il est comme ces êtres que vous avez oubliés, celle ou celui qu'on ne regarde plus, ces petits génies qu'on veut effacer, mais qui restent là, droit, et dont l'ombre nous rappelle, que même dans la mort on persiste à exister.

Par Ariirau - Publié dans : Je vous aime moi non plus
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /Déc /2008 00:24

 

 

... Notre mémoire est un corail, un bout de corail, et puis un galet gris, poli par la mer, poreux, filtré, comme un nid de guêpes, il s’effrite, devient sable, grain de sable, d’une couleur crémeuse, un blanc légèrement cassé, presque beige. Parfois noir, gris, jusqu'au blanc cassé....

 

 

Par Ariirau - Publié dans : Je vous aime moi non plus
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 23:40

Regarde-moi, Gauguin est mort, Gauguin n'est plus. 
Tranchons la mangue, observons son plus beau profil, et son noyau fibreux et brun, comme la couleur de nos vies.

Regarde-moi, Gauguin est mort, Gauguin n'est plus.
Marchons pieds nus, sur la terre, jusqu'au sable,
tranchons la vie et son plus beau profil, jusqu'à son noyau pourpre, comme la couleur de ta robe.


Regarde-moi, ma sœur, Gauguin n'est plus, Gauguin est mort.
Courons ensemble, jusqu'à l'océan et goûtons le sel porté par les vents, tranchons la mer, caressons son plus beau profil, couleur aubaine, comme la couleur de nos vies.

Gauguin est mort, Gauguin n'est plus,
tranchons les silences, observons leur plus tristes profils,
effleurons des doigts leurs noyaux fibreux et tristes,
couleur ébène, comme la couleur de tes cheveux.

Regarde-moi, Gauguin est mort, Gauguin n'est plus,
et nous ne sommes plus figées comme des natures mortes,
filles amères, lorsque nous sommes jeunes,
femmes sucrées, lorsque nous sommes mûres,
nos mafatu boum boum à travers l'univers,
sans prétendre immortaliser ce que le Créateur peut nous reprendre.

à chaque instant, le monde bouge,
il tranche la mangue,
amère ou sucrée,
jusqu'à son noyau fibreux.

Regarde-moi, ma sœur.

Remerciement Photo: "Avec les Yeux de Gauguin", de R.D, sur http://tahitinui.blog.lemonde.fr/page/2/

 Mauruuru Regina.

Par Ariirau - Publié dans : Je vous aime moi non plus
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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 04:38
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Dans un monde très lointain, les vapeurs de notre destin remontent à la surface de la toile de SARAHINA.

Courbée sur tes cuisses telle une fougère. Des champs de blé regorgent de poissons verts.

Du ma’a pour apaiser nos souffrances 

Du ma’a pour rassasier nos errances et nous retrouver,

Enfin.

Ils ont tout à porté de main. Leurs regards métalliques et félins plongent dans les nôtres sans vraiment nous voir. Leur désir est ailleurs, leur désir est complet. Leurs corps s’entrelacent, leurs cœurs s’entraiment.

« Et si nous oublions un jour que l’on s’est aimé, Pua’a Oviri sera là pour nous le rappeler.

Souviens-toi, tendre amour, le jour où nous nous sommes métamorphosés,

où nous sommes devenus l’autre, le nous mélangé.

Sur toi le pinceau m’a mise, comme une branche pousserait d’un tronc solide et brun.
Nous ne craignons rien, ni le temps, ni la mort, ni le jugement des Hommes.

Puisque du fond des temps, l’écho de la toile PUA’A OVIRI imbiberait les Astres de nos esprits.

Et l’on appartient l’un à l’autre,  soudés par la sève qui sourd entre nos reins. C’est ainsi que le pinceau de Sarahina a marqué notre destin. »

 

Et si nous oublions un jour que l’on s’est aimé, Pua’a Oviri sera là pour nous le rappeler.

Par Ariirau - Publié dans : Je vous aime moi non plus
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