la tribu

Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 01:41

Cet homme long de tronc, court sur jambes, au visage ovale, et au large front, est un ancêtre, probablement descendant lui même du Mayflower, dont les parents, grands parents et arrière grands parents ont contribué à la colonisation de l'Amérique du Nord, et à son indépendance.

William Richmond fut malheureux en amour, comme le fut sans doute aussi Mary Clark, épouse malgré elle, et qui à la naissance du 19ème siècle, abandonnait ses filles et son fils.

Un fils qui souffrait sans doute de la suspicion de bâtardise par son père, indice inconnu à notre histoire. Toujours est-il que Georges a fui lui aussi, qu'il a abandonné cette Amérique, ce New Hampshire, juste à côté d'un New York sauvage et semi industriel, où l'on disait aux immigrants que leurs sorts et que tous leurs rêves ne dépendaient qu'eux.

 

Georges Richmond a fui quelque chose, un monde de montagnes et de plaines, vaste et encore sauvage, un monde où le noir et le blanc ne se mélangeaient pas, pour un autre monde, îlien celui-ci. Un atoll, minuscule grain de beauté sur la peau de l’océan pacifique. Georges Richmond, nous l’apprenons sur son acte de décès, est mort sur un bateau qui revenait des Etats Unis ; il serait retourné là bas, sur sa terre natale, pour se faire soigner, mais à son retour la mort lui a fauché la vie, c’était son heure. Un écrivain inconnu signe comme témoin l’acte de décès. Je me demande si Georges a pensé à son père durant toute sa vie à Kaukura, à sa mère aussi. Est-ce qu’il s’est confié à sa femme. Rien ne transpire de son histoire, rien n’est venu à nous.

Georges Richmond est le père de nombreux enfants : parmi eux, Aroatua qui aurait eu une sœur jumelle, et Benjamin, ancêtre de Teina Mareura, et encore d’autres personnes peuvent prétendre être de sa descendance.

 

Il y a les Richmond de Kaukura et les Richmond de Papeete. Ces derniers descendent d’un Richmond plus aisé, qui serait le cousin de Georges. De cette branche sont issus les Pambrun, donc Jean-Marc Tera’ituatini, le plus adepte de la matière est son frère Jean-Loup qui a son propre blog généalogique.

 

Donc, Aroatua a été confiée, avec son petit frère, à un couple qui ne pouvait pas avoir d’enfants : Les Maire. Alors qu’elle n’était encore que jeune fille, elle voit son frère mourir sous ses yeux d’une crise d’épilepsie ; ces parents adoptifs ne supportent pas le chagrin et enterrent leur fils dans la cuisine, pour qu’il reste avec eux. Le père d’Aroatua, Georges Richmond, en colère va pour reprendre sa fille, puis il est touché par leur douleur, il comprend, il la laisse.

 

Je ne sais pas comment mon arrière arrière grand-mère a rencontré Georges Poroi.

Georges Poroi, fils d’Alfred Poroi et de Orimai Teioatua Henry.

Poroi.jpg

Georges Poroi serait le deuxième en partant de la gauche.

 

Aroatua et Georges, vécurent tout deux à Tipaerui, ils ont donné naissance à Georges, Benjamin grand oncle tant aimé, Lucie.

  

Lucie n’a pas été très comblée en amour. Jeune, elle est tombée sous le charme d’un certain Alfonsi, dont je ne connais pas le prénom, mais dont le corps a été rapatrié en Corse. Nous avons un portrait peint de lui à la maison ; c’est un parfait inconnu qui, raconte-t-on chez nous, aimait sa fille, mais pas au point de la déclarer officiellement à la mairie. Donc Lucie a eu Léa Ida Hélène Poroi, avec M. Alfonsi, Corse.

 

Lucie a eu deux amours malheureuses. Elle est ensuite tombée sous le charme d’un Lehartel, mais là aussi, nous ne connaissons pas son prénom. De lui, elle a mis au monde deux fils, Christian et Octave qui travaille dans un restaurant connu de la place.

 

De Léa est née ma mère, dont le père Yves Hascoet était un infirmier breton, qui repose aujourd’hui au cimetière des pêcheurs avec sa seconde épouse, que j'adorais, Claire. Ma mère s’appelle Dorita Ida Teioatuatehoahoarai Hascoet. Elle a un frère, Hervé Hascoet, et une sœur Maite Hascoet qui a épousé un Butscher.

  

Léa Poroi-Hascoet n’est restée mariée qu’à peine deux ans ; elle n’aimait plus son Breton et sans doute que sa fille était trop blanche, toujours est-il qu’elle a confié ma mère, Dorita, à Aroatua Richmond-Poroi son arrière grand-mère, qui l’a élevée et a fait un travail remarquable, merci Seigneur.

  

En secondes noces, Léa Poroi a épousé Moni Teahu, homme affable que j’affectionnais beaucoup. Léa ne pouvant avoir d’enfants, a pris soin de faaamu une enfant bien brune, cette fois-ci, qui porte son prénom : Léa.

 

De ma mère sont nés trois enfants : D’un 1er mariage avec Joseph Galenon,

 

fils de Mme Coulon et du grand monsieur Galenon tant appréciés dans leur communauté de Tiarei à l’époque, sont nés mes deux frères Randall Tafaiatara et Serge Temahana.

 

A peine Serge savait-il marcher, que ma mère a épousé mon père, René Richard, fils de Lucien Richard et de Germaine Clayer, débarqué tout frais d’un contingent de légionnaires pour le CEP ; et me voici me voilà.

 

Et qui me prend dans ses bras à l’hôpital Jean-Prince à Pirae le jour de ma naissance ? Mon arrière arrière grand-mère, Aroatua Richmond-Poroi, encore bien vivante et en bonne santé, puisque de toute sa vie son alimentation ne consistait qu’à des fruits, uru, légumes, poisson, taro. J’ai été élevée avec mes deux frères utérins, nous sortons du même ventre, pour mon père, ce sont ses fils.

 

De son côté Joseph Galenon a eu trois autres enfants avec Georgina: Raimana, Teuira (dit Loulou, guitariste de Maruao) et Terauura.

 

De moi, est né Gabriel Tauatua René, dont le père se nomme Feri Vivi, né de Taurere VIVI et d’Alani Tave, originaires de Kauhei et d’Anaa. Le grand père (ou le père ?) de Taurere était un Chinois qui avait fui son pays, comme l’Américain Georges Richmond avait fui le sien. Sauf qu’à l’époque, les Chinois n’avaient droit à rien, et Kang Fu Li a décidé d’abandonner son nom de famille, de sacrifier son identité, pour s’assimiler entièrement au peuple de sa femme paumotu, du nom de VIVI.

 

Ainsi, ressurgissent les ancêtres dans le cœur des enfants pleins de gratitude, des enfants qui veulent fertiliser la terre avec les mémoires de celles et ceux sans qui ils ne seraient pas, aujourd’hui. Qu'ils reposent tous en paix pour que nous puissions mieux vivre.

Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 28 décembre 2008 7 28 /12 /Déc /2008 04:57

Son père  a épousé ma mère dans les années soixante; il y a eu la bombe de Flytox, mais aussi deux frères. Consanguins pour elle, utérins pour moi.

Ma mère a rencontré mon père et son père a rencontré sa mère.
Ainsi suis je née un 15 septembre, ainsi est-elle née un 14 septembre.

Et aucun de nos frères ne se rappellera de nos anniversaires. Au total quatre frères: un poète, un bassiste (qui joue dans TOA URA), un féru de maths, un grand et costaud gardien.

Teraura est ma petite soeur et je l'aime.

Nous n'avons pas grandi ensemble mais nous nous sommes partagées les grands frères Galenon, utérins pour moi, consanguins pour elle, mais grands frères tout de même.

Ce sont ces deux frères qui nous attachent l'une à l'autre. Et les moments que nous avons partagés dans notre enfance sont encore très vifs dans ma mémoire.

Sista Teraura avait neuf ans et j'en avais dix sept. Une semaine durant, nous avons habité ensemble dans la maison du grand-père Hascoet à Punaauia, Teraura et nos quatre frères.

Teraura et moi, nous dormions sur un petit lit dans une pièce et les frères dans l'autre pièce.

La nuit, les mo'o faisaient du bruit sur la tole, mais ce n'était pas la raison pour laquelle je dormais à peine. Je serrai ma petite soeur qui était somnambule, je craignais qu'elle ne se lève et qu'elle marche, et qu'elle tombe dans les escaliers. Elle se levait toutes les nuits et marchait dans son sommeil jusqu'au salon, au milieu duquel elle s'accroupissait, puis elle revenait dans la chambre. Je finissais par m'endormir et je me réveillais: Teraura s'asseyait sur le lit, comme pour se lever. Alors je mettais ma main sur son épaule; elle tournait la tête vers moi, me regardait, puis se recouchait.

Teraura a toujours eu beaucoup de caractère. A neuf ans déjà, c'était difficile de grandir avec des grands frères moqueurs et indifférents aux désirs d'une petite fille. Dans ses moments de colère, elle débarquait au centre du salon, avec une valise toute prête: elle voulait partir. Déjà.

Elle avait de très beaux cheveux, blonds, crépus et longs, elle était joueuse, et sage. L'un de nos frères avait installé un système de musculation avec un sac assez lourd, attaché à une corde; il fallait le tirer pour le soulever, travailler ses biceps. Teraura voulait leur montrer qu'elle aussi pouvait le faire, mais le sac se soulevait à peine.

Le cadet de nos frères s'inquiétait de comment lui expliquer ce qu'était la puberté; c'était lui qui préparait le ma'a, s'occupait du linge, et de la maison. Il n'y avait pas de mère à ce moment là. Mais Teraura s'en est bien sortie toute seule.

Le soir, elle exigeait de dormir dans un tee shirt de son père, sinon elle restait éveillée et aucune berceuse ne l'aurait assoupie. Nous avons galéré chacune de notre côté, pour des raisons différentes. Et puis nous nous sommes retrouvées, un jour. Teraura est ma petite soeur et je l'aime.



Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 01:25

Elle aime courir pieds nus dans l'herbe humide de ton jardin, décorer ton chat  avec des guirlandes rouges jusqu'à l'étranglement, elle aime regarder les vaches en coin, elle aime renifler l'intérieur des livres tout neufs, elle aime porter les chaussettes de son père, la robe de chambre de son père, les tee shirts de son père, elle aime dormir à la place de son père.
C'est ta fille, ta o'e tamahine.

Elle aime t'envoyer des fleurs, même si tu es loin, elle aime briser les vases lorsque tu l'insultes, elle aime dire le contraire de ce que tu dis, elle aime caresser la peau de ton visage, elle aime poser sa tête sur ta poitrine. Elle aime entendre ta voix, elle aime écouter tes prières en tahitien, quand tu te recueilles sur la tombe de ta grand-mère.

C'est ta fille.

Elle aime quand les autres ne jugent pas, elle aime quand les autres la laissent seule, elle aime flotter sur le dos quand il n'y a pas de vagues, elle aime se réveiller le matin avec le chant des oiseaux, elle aime que le monde soit de toutes les couleurs, elle aime regarder la lune en pensant qu'elle y posera les pieds un jour, elle aime regarder les montagnes de son pays, emmitouflées dans des écharpes de coton gris et blancs, c'est ta fille.

Elle aime regarder les rayons de soleil pris au piège dans les toiles d'araignées, à l'aube. Elle aime l'odeur des feuilles mortes et des champignons que tu viens tout juste de ramasser. Elle aime goûter à ta confiture de framboises et de fraises, elle aime sentir sur son ventre les félins qui ronronnent, elle aime tous les chiens qui ont la galle qui sont seuls et qui puent, elle aime les gens qui sont écolos et qui défendent les animaux. Et puis elle aime aussi le uru cuit au feu de bois, tremper le uru dans du punupuatoro bien gras et bien salé. Ah ça oui, elle aime manger, ta o'e tamahine.

Ces gens qui blessent les chevaux avec leurs mâchettes parce qu'ils ne broutent pas au bon endroit, elle aime pas. Ces trois personnes qui ont battu, frappé au visage et arraché l'oeil d'un homme, de leur propre main, mardi dernier, à Faa'a, elle aime pas non plus.
C'est ta fille.

Elle aime pas ceux qui exploite la culture pour se faire de l'argent. La théorie de Marx, elle aime pas non plus, ta fille.

Elle aime pas les faschos, les phallocrates, elle aime pas avoir toujours raison, ta fille. Elle aime pas ceux qui aiment le pouvoir, elle aime ceux qui n'en ont pas et qui continuent à croire que le monde est juste et sincère, ta fille. Elle aime pas les gens qui ont tout plein de relations partout, et qui tirent les ficelles quand ils en ont besoin. Elle aime les gens qui connaissent personne et qui sont heureux comme ça. Elle aime regarder les gens que personne ne connaît, faire attention à eux. Elle est toujours à la recherche de ce que les autres n'ont pas, ta fille.

Les essais nucléaires, elle aime pas. Les Tahitiens qui vivent dans des boites en contreplaquer, sans eau ni électricité, elle a du mal à accepter, ta o'e tamahine. ça lui fait mal. Alors, ben elle aime pas.


Elle aime avoir tort parfois, elle aime faire des erreurs de choix, de jugements, de vie, elle aime savoir qu'elle n'aura pas assez d'une vie pour tout comprendre et tout savoir, ta fille. Elle aime The house of the rising sun de Nina Simone, elle aime les gens qui disent pardon, même quand ils n'ont pas toujours tort, ta fille.

Elle aime savoir que tout ce qu'on lui a donné, peut repartir comme ça, dans un coup de vent, elle aime s'attacher à rien depuis que la maison a brûlé, ta fille. Elle aime manger. Elle aime rêver. Elle aime pas parler avec les gens qui ne l'aiment pas, ta fille.

Elle aime son père, elle aime son père, elle aime, elle aime, elle aime son père, elle aime ses frères, elle aime son pays, elle aime tous les enfants de son pays, même s'ils sont violents, même s'ils sont méchants, elle t'aime toi, et elle ne sera jamais parfaite, ta fille. Elle a un gêne de résistance à l'alcool, le poil dru de ses ancêtres bretons, elle a le cheveu doré de ses ancêtres celtes, le caractère fougueux de ses tupuna romains, et son être tout entier était un fer chauffé et rouge, que Dieu aurait trempé dans l'eau froide de la rivière. Elle ne fera jamais de mal à personne, ta fille, il n'y a qu'elle qu'elle peut blesser et ça, tout le monde le sait.

Elle aime boire du jus de pamplemousse vert fraîchement pressé, elle aime appuyer contre son palais, avec la force de sa langue, les truffes au chocolat, elle aime pas les balances, les règles, les lois, les valeurs des autres. Elle aime respirer l'air marin, elle aime la brise, elle aime entendre les mo'o faire tac tac tac sur le plafond.

Elle aime la couleur de tes yeux, elle aime savoir que tu l'as portée neuf mois dans ton ventre, parce qu'il devait y faire chaud et que parfois même il y avait des bulles et des étoiles.

 

Elle aime savoir que tu prends soin de son père.



Elle t'aime, tout simplement, ta fille.  Elle t'aimera jusqu'au bout, et même encore plus loin.

ta o'e tamahine.

Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Voir les 0 commentaires
Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 23:54

Remerciement au photographe Benjamin BOCCAS, Benjamin dans le Formol @ http://www.benjaminboccas.com/


L’Humanité tout entière se plonge dans le sacrifice et l’adoration, où l’on ressent de l’amour lorsqu’on prie devant l’image d’un homme ensanglanté et cloué sur une croix, où l’on met dans le formol ce que l’on aime, pour ne pas le voir dépérir. Comme Benjamin dans le formol, comme Léa grand-mère et sa seringue remplie d'un poison qui ouvre la porte à l'immortalité et à la stérilité. 

C'est l'immobilité d'un visage, d'une tête dans le formol, qui me repousse à ce jour...

Son corps était là, étendu dans le cercueil, et tout autour, les culs écrasés sur leurs chaises, des serviettes éponges sur l’épaule, les pleureuses brisaient le silence, avec ces gémissements communs que l’on entend pendant les visites au mort. Les bercements du deuil, trempés dans la moiteur, venaient de ces nombreuses femmes qu’il avait séduites, il avait des enfants à gauche et à droite, il en avait un peu partout, le Corse. Même pas fichu d’en déclarer un seul, ce Corse. Parmi eux, il y en avait une, elle s’appelait Léa, et allez comprendre pourquoi elle aimait cet homme qui l’avait reniée, plus que sa propre mère.

 

Elle l’aimait à tel point, ce père, qu’elle piqua son visage au formol.

À l’insu des autres lorsqu’elle fut seule dans la pièce où reposait le cercueil, pour conserver la tête de ce papa qu’elle trouvait tellement beau, elle s’était procurée, je ne saurai jamais comment, du formol. A l’aide d’une seringue, elle piqua la tête de son père au formol, à plusieurs endroits, mais il n’en restait pas assez pour le reste du corps, dont le cercueil devait être renvoyé en Corse.

 

Léa grand-mère était ainsi une femme de l’excès. Son amour pour le père était plus profond que l’amour de certains pour le Christ. La tête dans le formol ou la dent de son défunt mari qu’elle portait en pendentif, ne relevait pas uniquement du fétichisme, mais de l’adoration, du refus de la séparation. A-t-elle pensé, ma grand-mère, à la dégradation et à la putréfaction du corps de son père, qui conserverait la même tête, au fil du temps, dans ce cercueil ? Il était beau,  tellement beau, justifiait-elle. La transgression ne lui faisait pas peur, aveuglée, obstinée pour ne pas dire, obsessionnelle.

 

Sa mère, Lucie avait un front très large et un œil qui regardait ailleurs ; elle était douce, elle jouait de l’accordéon. Tellement effacée, effacée par sa propre fille et par les autres, qu’on n’est même pas sûrs de savoir où est sa tombe, aujourd’hui.

 

Sûr, il aimait bien Léa, puisqu’exceptionnellement, il lui avait accordée une terre dans son testament, mais ses enfants, les vrais, ceux qui portent son nom Corse, ils ont réglé les choses autrement.

 

Ce père fictif, aussi accessible et énigmatique que le Christ,  eut une carrière bien remplie. Un gouverneur, un homme politique, un grand homme, qui avait transmis, à défaut de son patrimoine et de son nom, sa mégalomanie et cet esprit vendetta. Pour moi, qui ai voulu trancher ce gène de la rancune, comme l’on amputerait un membre gangrené, le profil de cet homme est typique, politique, phallocrate inavoué, riche, une sensibilité écœurante pour les femmes, une lâcheté paradoxale du père qui se complait dans la polygamie tout en ne prenant pas soin de déclarer l’enfant.

 

Chez le Ma’ohi, si tu ne reconnais pas ton enfant, tu n’existes pas, mais pour elle, pour Léa, il n’y avait que lui qui existait, le Corse. Léa grand-mère était une enfant naturelle, qui ne voyait que par son père, un Dieu.

 

Et ce Corse, avec sa tête piquée au formol, il n’existe que dans le cœur de Léa grand-mère. Il a pris toute la place et il n’a rien laissé pour les autres. Léa était une femme sans demi mesure, extrêmement passionnée, qui pouvait être haineuse un instant puis pleine d’amour l’instant suivant.

Qui d’autre piquerait la tête de son papa au formol ?

 

 

Elle avait un cœur gros comme un trou noir où l’on s’engouffrait sans le savoir et sa mémoire était égale à son imagination, toutes deux de dimensions interstellaires. C’était une femme intelligente qui maniait parfaitement la langue française, le paumotu, la langue de Rapa, le Tahitien. Elle avait cette écriture penchée et appliquée. Elle savait presque tout faire, coudre des tifaifai, tresser le ni’au. Mais son côté obscur la mangeait trop. Elle était mauvaise gérante de son argent, le donnait sans s’attendre à être remboursée, et puis à sec, elle n’arrivait pas à payer ses dettes chez le Chinois ou ailleurs. Elle prenait à cœur les ragots qu’on lui contait, elle était trop facilement manipulable par les émotions. Elle déclarait trop facilement la guerre et elle était trop orgueilleuse pour faire la paix. Elle lisait les cartes de Tarot, allait chez le tahua, et vers la fin de sa vie, tous les matins elle se levait à cinq heures pour lire la bible. Après plus de dix années de silence, j’ai décroché le combiné, c’était en 1999. Je lui ai dis « allô, mamie ? C’est moi, Fanny. Tu sais, je ne t’oublie pas, je t’aime » Elle s’est mise à pleurer au téléphone, elle ne m’a rien dit, le sentiment était étrange. Je n’ai jamais douté que ma grand-mère m’aimait. Plusieurs fois avant ce coup de fil, j’avais essayé de la joindre, je tombais sur ces fa’a’amu qui ne lui transmettaient jamais les messages. J’avais abandonné depuis longtemps les lettres : une fille fa’a’amu les interceptait lorsqu’elle allait chercher son courrier et ma grand-mère ne les avait jamais lues.

 

Bien des fois, Léa grand-mère est venue dans mes rêves, une fois en appelant au secours. Je volais alors jusqu’au , j’essayais de la tirer de là en attrapant sa main, je n’avais pas peur, de la puissance coulait dans mes veines, je n’étais plus moi mais autre chose. Le noir l’a absorbée, comme l’éponge absorbe le sang. Une autre fois, il a fallu que j’aille la récupérer au fin fond de la montagne et que je la conduise, sur une falaise abrupte, au risque de tomber dans le ravin à tout moment. J’ai finalement réussi à la reconduire jusqu’à Tipaerui. Je supporte à peine d’aller sur sa tombe. Son recueillement c’est la poisse incarnée, le « moki » ou « muki », toutes les ondes négatives culbutent mon existence, des jalousies, de la haine, de l’usurpation, et l’échec. Alors, j’ai prié, pour apprendre à lui pardonner. Et quand elle vient dans mon rêve, c’est un cauchemar, c’est la mort. Dernièrement elle m’a annoncé la mort de mon époux. J’ai crié dans ce rêve, j’ai sursauté. J’ai vécu intensément l’angoisse de cette mort. Le corps qui reposait sur la table n’était pas le sien, mais celui de l’homme que j’aimais.

 

Léa grand-mère n’est pas en paix, on la tourmente.

Léa grand-mère, elle a piqué la tête de son père au formol, en cachette, quand il était exposé dans son cercueil, parce qu’elle le trouvait tellement beau son père. Mais du formol, il n’y en avait pas assez pour tout le corps, que la tête. Oui, elle a piqué la tête de son père avec du formol.

 

Lorsqu’elle est venue à nous, à quelques mois de sa propre mort le 26 octobre 2000, Léa grand-mère nous a apporté deux portraits peints: l’un d’elle, et l’autre portrait, c’était la tête de l’Autre, son idole de père. Une tête toute ronde, presque plastique, qui nous sourit et nous on ne comprend pas pourquoi il nous sourit, puisqu’il a renié sa descendance. Mais il est là, sur le tableau et je me demande ce que je peux bien avoir de lui et je constate : rien, même pas le nom, même pas d’amour, je ne ressens rien pour lui. Mais Léa grand-mère a toujours été comme ça, elle a toujours idolâtré des hommes qui en avaient rien à fiche d’elle.

C’est pareil pour Gaston Flosse, de son vivant, si jamais l’un de nous avait prononcé un mot de travers, elle nous reniait. Pourtant, lui, est-ce qu’il sait que ma grand-mère a existé ? Ou l’a-t-il regardée comme ça, comme on regarde les cocotiers quand on est dans la voiture ? Elle faisait tuer ses cochons, sauf la grosse truie noire pour laquelle elle s’était prise d’affection, elle préparait tout à la venue du Tahoera’a Huiraatira, elle les recevait comme des rois : Ils venaient, parlaient, mangeaient et repartaient. A cause d’elle, qui a marché sur les pas de son père Corse, en désespérant d’être reconnue par des gens qui l’écrasaient, on a tout perdu. Je me suis promis de payer d’indifférence ces hommes qui sont sûrs de tout et d’eux-mêmes et c’est tellement facile de palper la répugnance du fat, de celui qui a tous les pouvoirs et qui se pense au dessus des autres, par ces accomplissements politiques et autres. Le destin de ces grands est conservé impeccablement dans du formol.

Mais l’immortalité, c’est la stérilité.

 

Léa a piqué la tête de son père au formol. Oui, elle a fait ça, mais il n’y avait pas assez de formol pour le corps. Alors aujourd’hui, j’imagine la tête de son papa bien conservée, mais le reste…

 

Le formol, dans lequel on place ces fœtus, dans lequel Benjamin a mis sa tête, qui ressemble étrangement au Christ.

 

Lorsque j’ai séjourné, à l’âge de 9 ans, dans sa maison de Takapoto, je n’avais pas le droit de sortir, j’étais la petite fille popa’a, avec plein de bobos sur les jambes. Léa grand-mère demandait à ma cousine d’étaler de la pâte dentifrice Colgate sur mes jambes, et quelques temps après c’était un mélange de citron avec du monoï sensé faire partir les moustiques. Tu parles d’un ra’au.

Et puis il y avait cette photo encadrée, juste à côté de son canapé, un homme en képi, grand, avec un double menton.

-         Qui c’est mamie ?

-         C’est mon grand frère.

-         Comment s’appelle-t-il ?

-         Il s’appelle Charles de Gaulle.

Et bien sûr, je l’avais crue. Elle avait l’air tellement sincère. Son deuxième mari était noir de peau, je l’aimais bien et il m’aimait bien aussi ; assise sur ses genoux quand j’étais petite, j’étais si blanche et lui si noir. Jamais il n’a levé la voix sur moi, jamais non plus il ne m’a tirée par les cheveux pour m’attraper, toujours sur les autres gosses. Il buvait de l’eau de Cologne, ces bouteilles d’eau de Cologne, en verre transparent, au bouchon vert.

 

A Takapoto, leur maison avait été construite en plein sur l’endroit où les ancêtres balançaient les prépuces des zizis circoncis.

 

Non, mamie Léa, je ne ressemble en rien à ton Corse, mais comme toi, j’aime voir et reconnaitre l’existence de ceux qu’on ne voit pas, qu’on ne voit plus. Ton formol, c’est mon encre.

 

Je ressemble contre mon gré, à Léa grand-mère dans ma volonté de conserver de la mort ceux qui m’ont quitté, je remplace le formol par l’écriture. J’aime regarder la toile d’araignée que personne ne remarque ou j’aime déposer des fleurs sur la tombe esseulée d’une personne qui m’est inconnue. Je me dirige toujours vers ceux dont on ne parle pas.

 

Parfois il m’arrive de vouloir l’oublier. Mais elle revient toujours, Léa.

Il y a quelques jours, lors du salon des Australes dans le hall de l’Assemblée de la Polynésie française, je marchais à côté des expositions des chapeaux tressés par des femmes de Rapa. Et l’une d’entre elle a dit en reo ma’ohi :

-         Regardez c’est la mo’otua de Léa, elle est toute blanche

-         La mo’otua de Léa l’institutrice ? Léa la femme de Moni ?

-         Oui !

J’ai souri, et elles m’ont regardée, certaines en riant. Aujourd’hui elle n’existe que par moi et je la pleure à l’intérieur tout en étant en colère, parce que si elle avait été un homme, que j’avais été sa fille, elle ne m’aurait sans doute pas reconnu. Mais voilà, quand on est femme, il est impossible de ne pas reconnaître l’enfant qui sort du ventre. Mais il est possible de l’abandonner. Ce qu’elle a choisi de faire, avec ma mère.

 

 Le corps de son père fictif était là, étendu dans le cercueil, et autour, les culs écrasés sur leurs chaises, avec des serviettes éponges sur l’épaule, les pleureuses brisaient le silence, avec ces gémissements communs que l’on entend pendant les visites au mort. Les bercements du deuil, trempés dans la moiteur, venaient de ces nombreuses femmes qu’il avait séduites, il avait des enfants à gauche et à droite, il en avait un peu partout, le Corse.

 

A un moment précis, alors qu’il n’y avait plus personne pour veiller le mort, Léa  grand-mère s’est introduite dans la pièce, avec dans son panier, une seringue remplie de formol.

 

Elle l’a regardé et elle a trouvé son père tellement beau, il était l’amour de sa vie et le reste n’était que de la merde. Elle a voulu que son corps résiste au temps et rapidement elle a sorti la seringue du sac, et elle a piqué à plusieurs endroits du visage, la tête de son propre père, au formol.

 

C’est comme ça,
quand on veut défier le temps.
On utilise du formol.

Ou de l’encre.

 

 

 

Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Voir les 0 commentaires
Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 19:17



Notre mère est le genre de femme à te balancer une bombe de flytox sur la tête si tu l'embêtes. Moi, c'est le pot de beurre de cacahuètes sur le frigo, quand on m'embête: ça n'a forcément pas le même effet dramatique, et puis, quand il faut nettoyer avec l'éponge après, accroupie, on n'a pas l'air fin. A chaque génération son truc. Ma mère c'était la bombe de Flytox, moi c'est le pot de skippy. J'ai un lien particulier avec le beurre de cacahuète. J'en mangeais à grosses cuillérées avec du camembert quand j'étais enceinte de Matamimi.

La bombe de flytox, c'est efficace, ça remet les idées en place, je la conseille à tous les couples, qui à un moment ou à un autre, en ont marre de voir la tronche boudeuse de l'autre. La bombe de flytox te permet de voir plein d'étoiles et d'avoir plein de bisous après; elle désintègre toutes les insultes et sa vaporisation extermine les pollutions verbales. La bombe de Flytox est très efficace contre les maris embêtants dont la boîte crânienne est d'une épaisseur raisonnable pour amortir une chute.

Sur la photo, notre mère a dix-neuf ans, sur le point de tomber enceinte d'un homme qu'elle ne veut pas épouser. Et lui non plus d'ailleurs n'a pas envie de se marier, il jettera au feu son alliance pendant la nuit de noce et il ira bringuer avec ses copains, tous des vieux pépés aujourd'hui.

Le jeune époux est fils de grande famille, les G., c'est de la crème : on demande à notre mère, issue d'une famille modeste pour ne pas dire autre chose de plus dégradant, de signer un contrat de mariage dans lequel elle ne réclamera rien, ni terres ni bien. Une femme qui est du genre à te balancer une bombe de flytox sur la tête quand tu l'embêtes, n'est pas du genre à réclamer ce qui ne lui appartient pas, alors ça n'a pas été un problème de signer ce contrat de mariage.

Et c'est comme ça, qu'en 1965, alors que son deuxième enfant ne sait pas encore marcher, qu'elle quitte un domicile de violence, d'ecchymoses, de cris et de larmes, avec deux marmots sur les bras, et une valise, pour se réfugier dans la maison de sa mère, qui voulait, à son tour, tout commander de sa vie. Ni une ni deux, le jour suivant son divorce, notre mère sort en boîte, elle ramasse un légionnaire qui se faisait passer pour un Allemand et qui zieutait sa copine. Ni une ni deux, elle envoie les faire part de mariage avant de prévenir le principal intéressé: mon père. Et c'est comme ça qu'elle s'est libérée d'un premier mari qui ne s'est aperçu de son absence qu'une semaine après son départ, et qu'elle s'est libérée d'une mère qui voulait tout commander dans sa vie.

Aujourd'hui, ce premier homme dit que c'est elle, qu'il a toujours aimé. Ben oui, c'est toujours comme ça. On fait du mal et puis on aime. Il s'est bien occupé de moi quand j'avais besoin de lui, il est aux petits soins avec ses mo'otua.  

Notre mère avait bien grossi après toutes ces épreuves, et sur le scooter avec mon père, qui était alors un petit gringalet, ils ont failli se péter la figure plusieurs fois dans les virages, et chez nous, à Tahiti, il y a beaucoup de virages.

Son premier mari, elle n'en dit jamais de mal, pourtant il l'avait frappée plusieurs fois, dans le ventre et au visage, et elle l'avait assommé net avec une bombe flytox. Le voyant évanoui, par terre, avec un petit peu de sang sur le front, notre mère avait ameuté les proches et le mari avait émergé en voyant autour de lui tous ces visages consternés. Il y avait plein d'étoiles et voir le visage de notre mère tout dépité et coupable, l'avait fait rire. Ben c'est tant mieux.

Notre mère était du genre à ne pas nous laisser dormir le dimanche matin. A huit heures, elle passait l'aspirateur pour faire du bruit, en cognant dans nos portes. La semaine, elle criait fort le matin "DEBOUT!" et comme je n'avais pas envie qu'elle répète, je me forçais à me lever, encore dans un état comateux, j'étais fiu avant d'avoir commencé ma journée.

Notre mère était du genre à balancer toutes nos affaires à la fenêtre, si notre chambre n'était pas en ordre, le genre à proposer du jambon de porc à manger à mes copains musulmans, notre mère était du genre à m'acheter des pantalons à rayures, même si j'avais déjà des grosses fesses à l'âge de quinze ans. Elle était comme ça.

Notre mère aimait faire la bringue, et elle avait transformé, avec mon père, le grenier en "Tahiti bar", lieu d'enivrement et de danse tamure et j'en passe, où les invités, supplice extrême, devaient veiller à ne pas rater la marche dans les escaliers pour retrouver leur matelas ou le carrelage, selon l'état d'ébriété dans lequel ils étaient.

Notre mère est devenue fonctionnaire en faisant une addition. Elle est entrée dans le bureau du chef, qui lui a sorti une addition à faire de tête de plus de vingt lignes, et c'est comme ça qu'elle est devenue fonctionnaire.

Notre mère a un accent pour les Français et au travail, elle s'est faite plusieurs fois traitée "d'étrangère, voleuse du pain des Français"  au téléphone seulement; parce que c'est toujours plus facile d'insulter les gens au téléphone. Et puis, elle se mettait à pleurer à chaque fois qu'il y avait un reportage sur Tahiti à la télé et je pleurais avec elle sans comprendre pourquoi. Ah regarde c'est mea ma, et mea ma! ah mon pays, je suis triste! je suis si triste! bouhh! Et mon père qui disait: ça recommence encore? allons maman, ressaisis-toi! Et elle répondait en sanglots Tu peux pas comprendre! j'ai quitté mon pays pour toi! Pour venir vivre dans la grisaille!



Aujourd'hui, la femme à la bombe de Flytox, après 37 ans de vie dans son petit village de Mayenne, elle est devenue toute blanche, et si elle n'avait pas la langue de ses ancêtres sur la bouche, on la prendrait facilement pour une Polonaise.

Elle m'appelle ce matin pour me dire qu'elle a des maux d'estomac. La cause de ce stress, c'est l'anti virus Norton, qui a affiché une boite de dialogue sur son ordinateur: Si vous voulez protéger votre ordinateur, il faut acheter l'anti virus Norton, le meilleur des antivirus.


Et blah blah blah, tu te rends compte ma fille, j'en ai parlé à mes copines, je n'en dors plus, qu'est-ce que je dois faire? je ne pouvais plus attendre, j'ai appelé ton cousin Dom', qui devait m'installer l'antivirus Avast, mais Dom' ne pouvait pas venir tout de suite, et blah blah blah, alors j'ai vu monsieur X qui m'a dit "Madame Richard je peux vous arranger ça" et blah blah blah, et alors maintenant je suis embêtée parce qu'il a fallu deux heures pour enlever l'antivirus Norton.J'en suis malade, tu te rends compte..

Et pendant qu'elle me parle au téléphone, je vais aux toilettes le vini à la main; assise sur le trône de l'humanité, concentrée sur l'anxiété maternelle du 21ème siècle, c'est à dire, l'antivirus Norton, éventuelle cause d'un éventuel ulcère:

- attends là, tu te rends malade pour un antivirus? attends là, qu'est ce que tu me fais maman? Arrête un peu, l'autre jour tu étais dans tous tes états parce que tu n'avais plus de son, mais c'est parce que tu avais cliqué sur "silence", alors bon, quand même, et t'as fait déplacé cousin à cause de ça!... c'est pas ça la vie, y' a pire quand même! tu te rends malade pour un ordinateur...
 

Elle continue sans m'entendre bien sûr, parce que, quand c'est moi qui parle, elle n'écoute pas, mais quand c'est mon frère, elle écoute. Quand c'est moi, elle parle et j'écoute. Elle écoute seulement si ma voix atteint des aigus exceptionnels. C'est notre mère.

-Ton cousin Dom' m'a dit "Mais enfin tatie, tu aurais dû m'attendre avant de toucher à ton ordi!" blah blah blah,

je tire la chasse d'eau, elle entend mais ça ne l'arrête pas, et

blah blah blah
.

- à part ça, tout va bien? Oui, ça va.

- Ok alors, nana!

Quand je pense que ma mère était le genre de femme à te balancer une bombe de flytox sur la tête si tu l'embêtais, et qu'aujourd'hui elle ne dort plus pour un antivirus qui fait c... tout le monde et à cause duquel on ne peut plus chatter sur msn... et que madame a peur d'allumer son ordi.

Il est loin de temps des années soixante dix, de la pilule, du scooter, des féministes et de la bombe de flytox balancée sur la tête du mari embêtant,
hein maman?

Allez, pour me faire pardonner, maman chérie, écoute ça (il faut cliquer sur "écoute ça"), et si tu braves ton angoisse de l'antivirus, tu pourras entendre les voix de ton pays....




Par Ariirau - Publié dans : la tribu
Voir les 0 commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés