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Rêves

Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 22:43

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"De ce chemin de malheur est née une pierre."

C'est un long couloir qui s'enfonce, dallé d'une lumière fluorescente.
Je ou une autre, vêtue d'une longue robe de nuit de coton blanc, entre dans ce couloir par l'une des portes noires adjacentes.

Je ou une autre, tête rousse et longue tignasse, se dirige dans l'entonnoir de ce couloir. D'autres personnes entrent et sortent, d'une porte à une autre, sans bruit; tout est silence.

C'est un long couloir qui s'enfonce, dallé de luminosité fluorescente.
Tout s'efface. Ne restent que moi et à mes pieds une pierre noire.
Elle est polie tel un galet, d'un noir poreux qui fait le sable de mon île.

Je ou une autre, je me penche, elle tient sur toute la surface de ma paume.

les bruits de l'éveil glissent jusqu'à mes sens,
je suis entre deux mondes,
à peine éveillée, à peine endormie,

mon esprit danse.


Quelques secondes avant que je n'ouvre les yeux, une voix inconnue me dit:

"De ce chemin de malheur est né une pierre".

Et depuis ce rêve, je me demande si c'est une pierre de mort Ofe'i Pohe ou une pierre de vie, Ofe'i Ora.

Par Ariirau - Publié dans : Rêves
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 00:11

Alors n’ayant plus de mots à échanger puisque nous étions tous les deux déterminés, moi à rester dans cette maison et lui à m'en faire partir, quelque chose d’étrange se passa entre nous. J’ai plongé mon regard dans le sien, ces yeux couleur noisette étaient bien à lui. Je l’ai fixé pour tenter de sonder ses intentions.

Défié, son visage s’est transformé. Les lignes de son front, ses cheveux gris blancs, ses oreilles s'effacèrent, le faciès devint une sorte de masque ondulant, le rocking-chair, la cuisine, tout ce qui nous entourait disparut. Nous étions dans un ailleurs que je n'arriverai pas à décrire. 

Une bouche ouverte et disproportionnée faisait sortir un souffle terrible, plein de rage, un vent très fort.


Je décidais de combattre cet esprit, je me mis à souffler contre lui et entre nous un combat puissant de vents s’engloutissaient dans nos corps, j’eu beau souffler toute ma colère en lui, je ne parvenais pas à empêcher son souffle d’entrer dans ma gorge. J'eus ce sentiment de non retour, comme lorsqu'on est en train de faire une erreur en toute conscience de cause et qu'on continue malgré tout. Mon esprit persistait au combat: je ne devais plus avoir peur, ne plus craindre ces visites impromptues dans mon existence parallèle.

Et je sentais que ce souffle venait du mal, de la maladie, que cette entité me transmettait un mal. Et je persistais, en colère, à combattre l'autre par le souffle. Je dis "l'autre" car il était impensable que mon oncle me veuille du mal.


C'était une masse difforme, sorte de faciès aux lignes sinueuses, qui soufflait en moi.

Je me suis réveillée, en colère. Colère de ne pas avoir compris son message, colère de ces ordres qu’il m’a donnés, colère de cette maladie insufflée.


La semaine qui suivit, advint ce qui arriva : un autre enfant perdu. Mais pire encore. Mon époux, grand fumeur, me dit un matin, il faut que j’arrête de fumer, j’ai fait un rêve idiot cette nuit, plutôt un cauchemar, j’avais le cancer.

Il était torse nu, en le regardant, je croyais revoir mon oncle qui se frappait la poitrine en disant « je suis malade, je suis malade »

J'ai répondu sur le ton de la boutade: Arrête de fumer alors !... et moi j'arrêterai définitivement le chocolat...  


En retour, il me dit, en souriant : Tu sais bien que c’est impossible... autant pour moi que pour toi. Il roulait son tabac Bison, comme un rite. Et lorsqu'il expira, après une bouffée de soulagement, une fumée épaisse, vaporeuse, un velour gris blanc impalpable, raviva encore plus à ma mémoire le premier souffle de Benjamin.

Par Ariirau - Publié dans : Rêves
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 23:22

Il était assis sur un rocking-chair, en plein milieu de la cuisine. Torse nu, le corps vieilli mais la peau lisse et dorée, mon grand oncle, aux cheveux blancs, se balançait lentement dans un silence de plomb. Il me regardait, il m’attendait.

Debout, à l’entrée de la cuisine, mon cœur s’est emballé. Non, je n’avais pas peur de sa visite, j’ai toujours eu une profonde tendresse pour cet oncle qui s’est toujours occupé de ma mère, mais aussi je l’aimais pour ses qualités humaines. Alors non, je n’avais pas peur de sa visite. Et puis, j’avais décidé de ne plus craindre leurs visites, car trop d’angoisses survenaient, qui me réveillaient dans la nuit, où j’appréhendais le déroulement des jours, avec l’anxiété de cette poisse qui attend au coin de la rue.

Car s’ils me rendaient visite, c’était rarement pour mon bon souvenir, ou pour annoncer un quelconque heureux évènement, mais plutôt quelque vilaine prédiction. J’avais décidé de les confronter et de les combattre, de ne plus les craindre.

Mais là, je n’avais rien à craindre : c’était le grand oncle bien aimé. La dernière visite qu’il m’avait rendue était dans la nuit du 6 au 7 décembre 2008, dans ce rêve j’avais pleuré son départ et le cœur me serrait à tel point que j’ai senti couler en moi une rivière de sang : je me suis réveillée en pleurant, je saignais véritablement. Ma mère qui dormait dans la pièce à côté se réveilla, j'entendis sa voix à peine consciente mais inquiétée "Les enfants, que se passe-t-il?" C’était une fausse couche, une autre de plus, encore. Il m’avait semblé que dans ce rêve mon oncle défunt était venu chercher mon enfant, pour qu’ils fassent le voyage, ensemble. Il venait de mourir quelques heures avant.

Dans la nuit du 11 au 12 août 2009, il était là, à nouveau, cette fois-ci dans ma cuisine, il se balançait sur un rocking-chair, dans un silence de plomb, et il me regardait. Je l’ai approché : « Mais que fais-tu ici ? Je suis si heureuse de te voir », je me suis penchée pour l’embrasser sur la joue mais à ce moment précis mon oncle s’est mis à fumer, une cigarette à la main.

Un nuage disproportionné, gris et blanc, est sorti de sa bouche, comme une barrière entre lui et moi, alors je n’ai plus bougé, je suis restée debout, devant lui, j’attendais qu’il me parle, j’attendais de voir ce qui allait se passer.

La fumée s’est évaporée et il s’est mis à frapper par deux fois sa poitrine, en répétant :

Je suis malade !... Je suis malade !

Le ton de sa voix était autoritaire, presque fâché.

Je lui ai répondu, déterminée:

Mais enfin, qu’est-ce que ça signifie ? Que veux-tu me dire ?

Alors la cigarette disparut de sa main, il pointa me pointa du doigt, le regard noir, en me donnant l’ordre :

Je veux que tu quittes cette maison ! Je veux que tu quittes cette maison !

Pour moi, il était hors de question que je quitte cette maison : nous n’avions pas d’autres endroits où vivre, le loyer était abordable, il était hors de question que je quitte la maison. C’était mon tour d’être en colère, je me suis approchée de lui, presque nez à nez, penchée sur son visage, je ne croyais pas que mon oncle puisse être un oiseau de mauvais augure, je suspectais qu’un esprit vilain ait pris sa forme… j’avais tort, mais je le sus bien après mon réveil.

Par Ariirau - Publié dans : Rêves
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